Turbulences sur le marché du cuivre
Les cours du métal rouge sont particulièrement volatils depuis ce début d’année. Les incertitudes grandissantes concernant l’offre et la demande déroutent les opérateurs. Du côté de l’offre, la décrue des stocks des grands marchés à terme (LME, Shanghai et New York) se poursuit. Ce mouvement devient toutefois difficile à interpréter car il pourrait être lié à des transferts de leurs entrepôts vers d’autres non affiliés à ces places. Le montant des stocks totaux pourrait donc être plus élevé que ce qui est régulièrement publié, ce qui est rassurant en termes d’équilibre à long terme. Certains y voient malgré tout une baisse de l’offre rapidement disponible et n’écartent donc pas des tensions à court terme.
A cela s’ajoutent des difficultés de production. La sécheresse (la production nécessite de grandes quantités d’eau) pénalise l’extraction et le raffinage des minerais au Chili et au Pérou (50% de l’offre mondiale). La situation politique et sociale dans ces pays est aussi une source d’inquiétude. Des grèves ont entraîné des interruptions de production et pourraient affecter les transports. Les élections de Gabriel Boric au Chili et de Pedro Castillo au Pérou, tous deux partisans de remises en cause des conditions d’exploitation des mines par des entreprises étrangères, pourraient décourager les investissements et relever les prix de vente.
Face à cela, la demande, stimulée en début d’année par la réouverture des économies, avait porté les prix jusqu’à 10.500 dollars par tonne mais, moins vigoureuse à partir d’avril, elle a laissé les cours retomber jusqu’à un creux de 7.200 dollars par tonne. L’économie chinoise – essentielle, le pays représente 52% de la demande mondiale – a déçu, avec une moindre croissance de la production industrielle, de l’investissement et de la demande de prêts. La situation délicate de la promotion immobilière dans l’Empire du milieu inquiète particulièrement : en juillet, le nombre de nouvelles constructions a atteint son plus bas depuis une décennie. Or le secteur est un débouché très important. La transition énergétique devrait soutenir la consommation mais son plein impact ne devrait être sensible qu’à moyen terme.
Le cuivre traverse donc une zone de brouillard et de turbulences. Cela pourrait se poursuivre encore quelque temps, surtout si les grandes banques centrales empruntent plus avant et plus longtemps la voie de politiques monétaires restrictives, avec les risques de récession qu’elles impliquent.
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