Trois banques françaises sortent d’un financement de projet controversé
BNP Paribas, le Crédit Agricole et la Société Générale ne participeront pas au financement des projets de mines de charbon situés dans le bassin de Galilée en Australie, ni à celui des infrastructures associées, ont annoncé mercredi Les Amis de la Terre. L’ONG environnementale leur avait demandé par courrier le 23 février de se retirer du financement de ces projets, qui impliquent l’extension du port d’Abbot Point et menacent ainsi la Grande Barrière de corail.
Les responsables du développement durable des trois groupes interpelés ont chacun répondu à l’ONG fin mars qu’ils s’engageaient à ne pas participer aux financements des projets dans cette zone. Leurs courriers ont été rendus publics. La Société Générale s’était engagée dès décembre à se retirer du financement du projet Alpha Coal, un des neufs projets miniers du bassin de Galilée.
«C’est la première fois que les banques s’engagent à ne pas financer les projets de toute une région en raison de leurs impacts environnementaux et climatiques», se félicite Lucie Pinson, chargée de campagne finance aux Amis de la Terre. L’ONG précise que les engagements des trois françaises vont au-delà de celui de huit autres banques internationales (Deutsche Bank, HSBC, RBS, Barclays, Citi, Morgan Stanley, JPMorgan et Goldman Sachs) qui s'étaient déjà engagées à ne pas financer l’extension du port d’Abbot Point.
Les Amis de la Terre n’en sont pas à leur coup d’essai avec cette campagne, menée avec une cinquantaine d’autres ONG, et en ont déjà mené d’autres aboutissant au retrait de grandes banques françaises de financements controversés.
L’organisation demande désormais aux groupes français de mettre un terme d’ici à fin 2015 à tous leurs financements au secteur du charbon, très émetteur de CO2. Les banques ne devraient pas s’y résoudre. La Société Générale rappelle que le charbon fait partie du mix énergétique qu’elle finance. Les banques françaises ont toutefois adopté depuis quelques années des «politiques sectorielles» concernant le charbon qui les engagent à respecter certaines conditions dans leur financement, dans le cadre de leurs politiques de responsabilité sociale et environnementale (RSE).
D’après Les Amis de la Terre, les financements par les banques françaises du secteur du charbon ont augmenté de 218% entre 2005 et 2013.
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