Towergate a reçu des marques d’intérêt pour un rachat
Le «pipeline» des LBO européens, plutôt calme depuis le mois de juillet, pourrait prochainement s’enrichir d’une nouvelle cible. Le courtier en assurance britannique Towergate, actuellement en délicatesse financière après plusieurs années de croissance externe intensive qui ont fait gonfler sa dette, a ainsi indiqué à l’occasion de la présentation de ses résultats du troisième trimestre avoir «reçu des approches de parties intéressées par une acquisition du groupe». Le courtier, qui compte depuis février 2011 le fonds de capital investissement Advent parmi ses actionnaires, a ainsi mandaté les banques Evercore et Rothschild comme conseils.
Créé en 1997, Towergate s’est fait une spécialité de la consolidation du marché des courtiers en assurance à destination des particuliers et des PME. Cette stratégie, qui s’est matérialisée par plus de 170 acquisitions, s’est accélérée à partir de 2011, quand le groupe a bouclé un premier refinancement de sa dette et réorganisé sa structure financière. Il avait alors créé une nouvelle holding financière, dans laquelle Advent avait apporté 200 millions de livres de fonds propres et 90 millions de dette.
Le courtier a depuis conduit sans difficulté plusieurs opérations de refinancement successives, notamment en mai 2013 avec le placement de 396 millions d’obligations et la négociation d’une ligne de crédit revolving de 85 millions auprès d’un syndicat bancaire emmené par Lloyds.
Mais la dette de Towergate, qui atteignait fin septembre 831 millions de livres pour un résultat d’exploitation en baisse de 14% sur 9 mois, à 96 millions, fait désormais figure de problème, induisant mercredi un mouvement de panique sur les marchés. Inquiète de «l’incertitude croissante entourant la capacité de Towergate à améliorer à court terme ses flux de trésorerie opérationnelle», l’agence Fitch a dégradé le 20 novembre la note de Towergate Finance Plc à «B-». La dégradation des performances opérationnelles du courtier pourrait notamment le conduire à ne plus respecter les covenants de sa ligne de crédit, désormais totalement tirée. Le groupe a indiqué entrer en discussion avec ses banquiers afin de renégocier ces ratios.
Au-delà de ces renégociations, le courtier ne disposait plus à fin septembre que de 42 millions de livres disponibles, à comparer au flux de trésorerie négatif de 59 millions enregistré depuis janvier. Outre un éventuel repreneur, il étudie également la cession de petits actifs non stratégiques pour se donner de l’air.
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