Tokyo s’apprêterait à intervenir à nouveau pour enrayer la hausse du yen
Des indiscrétions dévoilées par le quotidien économique japonais Nikkei ont exacerbé l’attention portée par les opérateurs au taux de change du yen face au dollar. Dans l’attente d’une possible intervention publique sur le marché des changes. Les autorités nippones sont très inquiètes face à un yen qui évolue au plus près de ses plus hauts historiques face à la devise américaine. De quoi selon Tokyo faire souffrir les sociétés japonaises et menacer le renouveau économique du pays après le séisme du 11 mars dernier. L’intervention, si ce scénario devait se concrétiser, serait la troisième en un an.
A New York hier, le yen s’est affaibli de 0,5% à 77,15 pour un dollar, après avoir grimpé jusqu’à 76,30 en séance, tout près de son record historique de 76,25 atteint le 17 mars dernier. L’accès de faiblesse de la devise japonaise en fin de séance est dû, selon un trader londonien cité par Reuters, à un «ordre majeur initié par une banque japonaise». Peut-être s’agit-il de Nomura, selon d’autres sources de l’agence.
Le Nikkei assure, sans identifier ses sources, que des représentants du gouvernement américain ont confié à leurs homologues nippons que toute les mesures visant à stabiliser les devises devaient être utilisées. Le quotidien est allé jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une intervention coordonnée entre le Japon, les Etats-Unis et l’Europe si le yen devait poursuivre son ascension. La dernière action concertée date de mars dernier. Le ministre japonais des Finances Yoshihiko Noda s’est borné hier à qu’il surveillait effectivement de près les marchés des changes et que les mouvements récents n’ont pas reflété les fondamentaux économiques du pays.
La Banque du Japon pourrait par ailleurs annoncer de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif. Le quotidien japonais, toujours, croit savoir que ces mesures font partie de l’ordre du jour de la réunion de deux jours de la BoJ, jeudi et vendredi. Il paraît possible de voir se décider un relèvement de 5.000 à 10.000 milliards de yens du programme de rachat d’actifs qui atteint déjà 40.000 milliards (360 milliards d’euros).
Pour autant, la hausse de la devise japonaise se produit de façon ordonnée, comme en témoigne une volatilité maîtrisée de 10,65% sur un mois hier du taux yen/dollar, contre 20,94% avant la dernière intervention publique en mars dernier.
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