Thierry Breton a la voie libre pour entrer à la Commission européenne
Le deuxième candidat de la France sera le bon. Alors que la candidature de Sylvie Goulard avait été rejetée mi-octobre, les députés européens ont voté hier en faveur de la nomination de Thierry Breton à la Commission européenne. L’ex ministre de l’Economie et PDG d’Atos héritera d’un portefeuille stratégique et extrêmement large, allant de la politique industrielle, au marché intérieur, en passant par le numérique, la défense et l’espace.
Thierry Breton, 64 ans, se présentait devant les eurodéputés dans un contexte particulier, alors que la candidature de Sylvie Goulard avait été rejetée pour des soupçons de conflits d’intérêts et son implication dans l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement européen.
Revente de toutes ses actions
Lors de son audition, l’ancien PDG d’Atos s’est donc défendu de tout conflit d’intérêts et a assuré de sa neutralité. «Quand on a eu plusieurs vies en une vie et qu’on peut se présenter devant vous ici et aujourd’hui, c’est que la notion de conflit d’intérêts et d'éthique est un sujet que l’on porte au plus profond de soi», a plaidé l’ancien ministre de l’Economie en préambule de son audition, s’affirmant «radical» sur ce sujet. «Je me présente devant vous sans plus aucun intérêt patrimonial dans aucune entreprise», a-t-il souligné, en montrant un document confirmant qu’il avait vendu toutes ses actions Atos.
Les interrogations des eurodéputés portaient notamment sur les secteurs couverts par son portefeuille, comme la cybersécurité ou l’intelligence artificielle, en lien avec Atos. «Je ne vais pas me déporter du secteur, ce serait une aberration», a-t-il déclaré, en réponse notamment à des questions à ce propos des élus français Marie Toussaint (Verts) et Manuel Bompard (Gauche unitaire européenne, GUE). «Je ne me déporterai que lorsqu’il y aura éventuellement des contrats, des relations financières qui viendront à moi et que je n’aurai pas à connaître. (...) Mon indépendance, je vous le garantis, elle sera totale», a-t-il poursuivi.
Thierry Breton s’est en outre engagé à ne jamais recevoir «seul dans son bureau un membre d’une entreprise que j’ai dirigée, de façon à ce qu’il n’y ait aucune ambiguïté».
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