Theresa May va demander un report du Brexit
La Première ministre britannique, Theresa May, va adresser d’ici à mercredi une lettre à l’Union européenne pour demander un report du Brexit, a déclaré mardi un porte-parole de la dirigeante à l’issue d’une réunion du gouvernement. Un changement de la date du Brexit, fixée initialement au 29 mars, devra être approuvé par les deux chambres du Parlement, a-t-il ajouté, sans préciser quelle serait la durée du report demandé à l’UE.
Un report du Brexit au-delà de la date butoir du 29 mars n’aura de sens que s’il accroît les chances de ratification de l’Accord de retrait négocié entre Theresa May et l’UE, a réagi le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier. « Est-ce qu’une extension augmente les chances de ratification de l’Accord de retrait ? Quels seraient l’objectif et le résultat ? Comment pouvons-nous être sûrs qu'à la fin d’une éventuelle extension, nous ne serons pas revenus à la situation actuelle ? », a déclaré le négociateur européen lors d’une conférence de presse à Bruxelles. « Si Theresa May demande une extension jeudi devant le Conseil européen, ce sera aux Vingt-Sept d’en examiner les motifs et l’utilité (...). Les dirigeants de l’UE ont besoin d’un plan concret de la part du Royaume-Uni de manière à pouvoir prendre une décision informée », a-t-il poursuivi.
Un report du Brexit n’est « ni évident ni automatique », a averti de son côté la présidence de la République, ce qui exige de Londres la proposition d’une « alternative crédible ». « Une demande d’extension du Royaume-Uni devrait avoir une justification sur deux critères : y a-t-il une stratégie britannique susceptible de rassembler un majorité au Parlement ? Et quel impact cela aurait-il sur l’UE et son fonctionnement ? », a ajouté L’Elysée, alors que les élections européennes se profilent.
« Une extension ne se substitue en aucun cas à un plan. Si Londres ne propose pas de plan, il n’y a pas de raison d’une extension longue, car quelle garantie pour l’UE qu’un Etat sortant ne bloquera pas le fonctionnement de l’UE ? », a ajouté la source présidentielle.
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