Tereos se heurte aux caprices du marché high yield
Le marché primaire de la dette high yield n’est pas si facile d’accès malgré la multiplicité des projets d’émission qui l’animent encore à cette période de l’année. Tereos vient à son tour d’en faire l’expérience, dix jours après une autre signature française, Antalis. Le troisième groupe sucrier du monde aurait renoncé lundi à son projet d’emprunt obligataire, après avoir sondé les investisseurs. Il n’a pas fourni d’explications à ce retrait.
Tereos comptait émettre pour 200 millions de dollars d’obligations perpétuelles pouvant être rachetées par anticipation au bout de 6 ans. Ces titres de rang très subordonné avaient reçu fin juin la note B+ chez Fitch, soit deux crans en dessous de la note à long terme de l’émetteur. Leur statut hybride leur aurait permis d’être comptabilisés à 50% en fonds propres. Les présentations aux investisseurs en Europe et en Asie avaient commencé le 7 juillet. Le 17 juillet, les titres ont été proposés à un rendement indicatif de 7,375%, mais le placement n’est pas allé à son terme. HSBC, BNP Paribas, Natixis et Standard Chartered dirigeaient la transaction.
Repli des cours mondiaux du sucre
La dernière incursion de la coopérative sucrière sur le marché obligataire remontait à juin 2016, avec un placement de 400 millions d’euros d’obligations 2023. Sur l’exercice clos à fin mars 2017, Tereos a publié une hausse de 14,7% de son chiffre d’affaires après cinq ans de baisse, grâce au redressement des prix du sucre, et un rebond de 38% de son Ebitda à 607 millions. Le levier, qui s’est beaucoup accru entre 2014 et 2016, a ainsi pu reculer de 0,7 point, à 4 fois l’Ebitda. Pour l’exercice en cours, marqué à nouveau par le repli des cours mondiaux du sucre (-18% sur le contrat ICE depuis le 1er avril), Tereos table sur un Ebitda de 615 à 645 millions.
Ce contexte, couplé au rang très junior des titres, a pu refroidir les investisseurs. Ceux-ci ont déjà montré dans le dossier Antalis qu’ils pouvaient fermer leur porte aux émetteurs peu connus ou présents dans des secteurs d’activité chahutés. Hema, l’enseigne néerlandaise, en a elle aussi fait les frais. En plein redressement après avoir traité à des niveaux «distressed» en 2015, la société a placé le 14 juillet deux obligations, mais a dû revoir à la baisse la taille de sa tranche à taux variable (de 610 à 600 millions) et payer une marge supérieure à la fourchette proposée (625 points de base au lieu de 575 à 600 pb).
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