Tereos se heurte aux caprices du marché high yield
Après Antalis, le groupe sucrier aurait renoncé à son projet d’emprunt hybride. Le néerlandais Hema, lui, a eu du mal à vendre son historique chahuté.
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Alexandre Garabedian
Tereos prévoyait d’émettre pour 200 millions de dollars d’obligations.
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photo Tereos
Le marché primaire de la dette high yield n’est pas si facile d’accès malgré la multiplicité des projets d’émission qui l’animent encore à cette période de l’année. Tereos vient à son tour d’en faire l’expérience, dix jours après une autre signature française, Antalis. Le troisième groupe sucrier du monde aurait renoncé lundi à son projet d’emprunt obligataire, après avoir sondé les investisseurs. Il n’a pas fourni d’explications à ce retrait.
Tereos comptait émettre pour 200 millions de dollars d’obligations perpétuelles pouvant être rachetées par anticipation au bout de 6 ans. Ces titres de rang très subordonné avaient reçu fin juin la note B+ chez Fitch, soit deux crans en dessous de la note à long terme de l’émetteur. Leur statut hybride leur aurait permis d’être comptabilisés à 50% en fonds propres. Les présentations aux investisseurs en Europe et en Asie avaient commencé le 7 juillet. Le 17 juillet, les titres ont été proposés à un rendement indicatif de 7,375%, mais le placement n’est pas allé à son terme. HSBC, BNP Paribas, Natixis et Standard Chartered dirigeaient la transaction.
Repli des cours mondiaux du sucre
La dernière incursion de la coopérative sucrière sur le marché obligataire remontait à juin 2016, avec un placement de 400 millions d’euros d’obligations 2023. Sur l’exercice clos à fin mars 2017, Tereos a publié une hausse de 14,7% de son chiffre d’affaires après cinq ans de baisse, grâce au redressement des prix du sucre, et un rebond de 38% de son Ebitda à 607 millions. Le levier, qui s’est beaucoup accru entre 2014 et 2016, a ainsi pu reculer de 0,7 point, à 4 fois l’Ebitda. Pour l’exercice en cours, marqué à nouveau par le repli des cours mondiaux du sucre (-18% sur le contrat ICE depuis le 1er avril), Tereos table sur un Ebitda de 615 à 645 millions.
Ce contexte, couplé au rang très junior des titres, a pu refroidir les investisseurs. Ceux-ci ont déjà montré dans le dossier Antalis qu’ils pouvaient fermer leur porte aux émetteurs peu connus ou présents dans des secteurs d’activité chahutés. Hema, l’enseigne néerlandaise, en a elle aussi fait les frais. En plein redressement après avoir traité à des niveaux «distressed» en 2015, la société a placé le 14 juillet deux obligations, mais a dû revoir à la baisse la taille de sa tranche à taux variable (de 610 à 600 millions) et payer une marge supérieure à la fourchette proposée (625 points de base au lieu de 575 à 600 pb).
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