Temasek entre au capital du chinois ICBC pour 2,5 milliards de dollars

Le rachat à Goldman Sachs de 5,3% du capital de la banque chinoise permet au fonds souverain de Singapour de renforcer sa présence en Asie
Yves-Marc Le Reour

Temasek continue d’avancer ses pions en Chine. Le fonds souverain singapourien va racheter à Goldman Sachs un bloc de 3,55 milliards d’actions d’Industrial & Commercial Bank of China (ICBC) cotées sur la Bourse de Hong Kong, pour environ 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros). Le prix de rachat unitaire correspond à 5,05 dollars de Hong Kong, soit une décote de 3,1% par rapport au cours de clôture de l’action. «A l’issue de la transaction, notre participation s’élèvera à environ 5,3% du capital d’ICBC coté à Hong Kong», a annoncé le fonds singapourien dans un communiqué, sans toutefois confirmer le prix payé. A 238 milliards de dollars, la capitalisation boursière d’ICBC a progressé de près de 50% au cours des 6 derniers mois. La banque chinoise a publié un bénéfice net en hausse de 17% au titre du quatrième trimestre 2011.

Bien que Temasek ait été affecté par la crise financière en 2008-2009, son portefeuille, qui pèse actuellement 154 milliards de dollars, est investi à hauteur de près de 40% sur des valeurs bancaires et principalement orienté vers les pays émergents d’Asie. «La stratégie sous-jacente de Temasek est de renforcer sa présence sur les marchés asiatiques dans des secteurs clefs comme la finance», commente Song Seng Wun, économiste chez CIMB Research à Singapour, en ajoutant que le fonds souverain profite de l’allègement opéré par de nombreuses banques anglo-saxonnes au capital de banques chinoises, afin de respecter les règles prudentielles plus strictes énoncées par Bâle 3.

Temasek s’était déjà renforcé l’an dernier dans China Construction Bank, dont il détient un peu moins de 10% du capital, ainsi que dans Bank of China. Il a récemment renforcé sa part au capital de la banque singapourienne DBS.

Goldman Sachs avait annoncé mi-janvier que sa participation dans ICBC lui avait occasionné en 2011 une perte avant impôts de 517 millions de dollars contre un bénéfice de 747 millions un an plus tôt. A l’issue de cette transaction, la cinquième banque américaine par le montant de ses actifs détiendra une participation légèrement inférieure à 2% valorisée environ 2 milliards de dollars. Elle a indiqué qu’elle ne souhaitait pas sortir totalement de la banque chinoise, au capital de laquelle elle était entrée en 2006, avant même qu’ICBC soit introduite en Bourse.

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