Sur le point d’intégrer le SBF 120, Verallia est capable d’emballer le marché
Moins de deux mois après son arrivée sur Euronext Paris, Verallia fait son entrée ce lundi sur le SBF 120, à la place de Rothschild & Co. L’action du deuxième producteur mondial d’emballages en verre à destination des marchés des boissons et produits alimentaires a gagné 13% dans l’intervalle, hissant sa capitalisation à un peu plus de 3,6 milliards d’euros.
Après une première tentative manquée en 2011, l’ancienne filiale de Saint-Gobain s’est introduite en Bourse prudemment, le 4 octobre dernier, dans un environnement boursier mouvementé. Le prix de mise en Bourse, fixé à 27 euros, dans le bas de la fourchette d’introduction prévue, a permis d’éviter une survalorisation initiale qui aurait pu pénaliser ses premiers pas boursiers.
Au cours actuel de 30,5 euros, Verallia affiche un multiple de valeur d’entreprise (VE) sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 9,1 fois selon les estimations 2019 du consensus Factset, inférieur à ceux de ses concurrents les plus proches : le leader mondial Vidrala (11,1 fois), Vetropack (13,8 fois) et Zignano Vetro (10,8 fois). Tous ont vu leurs cours de Bourse nettement progresser au cours des dernières semaines, portés par de bons résultats trimestriels.
«Premiumisation»
Publiés le 7 novembre, les résultats sur 9 mois de Verallia ont eux-mêmes été particulièrement solides. Le chiffre d’affaires est ressorti en croissance de 7,2%, à 1,98 milliard d’euros, avec une croissance organique de 10,1%, tandis que l’Ebitda ajusté a bondi de 12,9%. Le groupe en a profité pour relever ses objectifs 2019, visant une croissance organique comprise entre 8% et 10% de son chiffre d’affaires, et un Ebitda ajusté supérieur à 610 millions d’euros.
L’amélioration des indicateurs de performance de l’entreprise s’inscrit dans une tendance qui s’accélère. Après avoir affiché des croissances annuelles moyennes de 2,7% et 7,9% respectivement sur la période 2016-2018, le chiffre d’affaires et l’Ebitda ajusté de Verallia devraient croître de 4,5% et 8,5% en moyenne par an sur 2018-2022, estiment les analystes de Credit Suisse.
Bien que très ancien et faisant appel à des technologies séculaires, le marché de l’emballage en verre est porteur. «Depuis le milieu des années 2010, le verre a regagné des parts de marché sur d’autres matériaux d’emballage, principalement en raison des préoccupations environnementales croissantes des consommateurs», observe la Société Générale.
«La demande s’est accrue ces dernières années, portée par la ‘premiumisation’ et les exportations. La croissance en volume a dépassé les nouvelles capacités et les marchés européens sont à flux tendus, tournant presque à pleine capacité», note de son côté Barclays. D’après la banque, «la pénurie de l’offre devrait se maintenir, soutenant les prix et les marges».
Economies de coûts
Pour tirer son épingle du jeu sur ce marché dynamique, Verallia mène une stratégie de recherche systématique de produits «premium». En créant des formes variées, des décors ou des teintes spécifiques à la demande de ses clients, Verallia améliore le mix produits et dégage des marges élevées, en particulier dans les vins et spiritueux haut de gamme, les marchés de la bière et des effervescents.
D’autre part, la rentabilité profite des mesures d’efficience mises en place par une nouvelle direction. Arrivé en septembre 2017, le PDG, Michel Giannuzzi, a été rejoint en 2018 par Didier Fontaine à la direction financière et par Olivier Rousseau à la direction générale de Verallia France.
«Sous la nouvelle direction, de nombreuses initiatives sont en cours pour instaurer une culture d’excellence opérationnelle et viser des économies de coûts de 2% par an», note Barclays. La banque calcule que le groupe pourrait atteindre une marge opérationnelle de 26,1% en 2022, contre 22,5% en 2018, ce qui le placerait devant son concurrent Vidrala.
Le niveau important de la dette, de 1,952 milliard d’euros, pourrait faire s’interroger sur la marge de manœuvre de l’entreprise. Mais la solide génération de free cash-flow devrait alimenter «un désendettement rapide», estime Kepler Cheuvreux, permettant de financer un dividende attractif et de créer de la valeur pour les actionnaires par des investissements stratégiques, des rachats d’actions ou un dividende exceptionnel.
Les débuts réussis en Bourse de Verallia n’ont probablement entamé qu’une partie de son potentiel. La suite de l’histoire s’appuiera sur la progression attendue des marges, dont les investisseurs n’ont, semble-t-il, pas encore mesuré l’ampleur.
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