Seventure Partners décroche le premier fonds d’amorçage universitaire

Les établissements de Sorbonne Universités ont confié à la filiale de Natixis la gestion d’un fonds doté de 35,5 millions d’euros
Amélie Laurin

Le groupement Sorbonne Universités veut transformer ses chercheurs en entrepreneurs. Ce label vient de confier à Seventure Partners la gestion de Quadrivium 1, premier fonds d’amorçage issu du monde académique français. Sorbonne Universités rassemble les universités Paris-Sorbonne et Pierre et Marie Curie, l’Insead, l’université de Technologie de Compiègne, le Muséum d’histoire naturelle et trois organismes publics de recherche (Inserm, CNRS et IRD).

Quadrivium vise «la mise sur orbite» des «chercheurs académiques habitués au modèle économique de la subvention, à l’opposé des start-up insérées dans le système financier capitalistique», explique Nicolas Crespelle, président de la Fondation de l’université Pierre et Marie Curie et de Quadrivium Ventures. Cette SA est chargée de valider scientifiquement 120 à 180 projets ou entreprises naissantes, montés chaque année par des équipes de Sorbonne Universités dans les bio et nanotechnologies, les technologies de l’information, l’énergie et l’environnement.

Disposant d’un «droit de premier regard» sur ces dossiers, Seventure a été choisi pour son expérience dans le capital-risque, mais aussi pour l’engagement de sa maison mère Natixis qui apporte 10 millions d’euros sur les 35 millions du premier closing. Bpifrance contribue à hauteur de 20 millions d’euros via le Fonds national d’amorçage qui participe ainsi à sa quinzième levée de fonds, ses interventions totales dépassant désormais la moitié de son enveloppe de 600 millions d’euros. Le solde provient de l’assureur public CNP, des institutions de prévoyance AG2R La Mondiale et Malakoff Médéric et du dispositif public Revital’Emploi.

S’il s’inspire des fonds des universités anglo-saxons, Quadrivium n’a pas encore attiré d’industriel. De taille assez similaire, les fonds d’amorçage lancés en 2012 et 2013 par l’Inserm et le Commissariat à l’énergie atomique ont été respectivement soutenus par les laboratoires Pfizer et Shire et par EDF, Safran et Biomérieux.

Opérationnel depuis quelques semaines et d’une durée de dix ans, le fonds Quadrivium «investira des tickets de 300.000 à 2,8 millions d’euros dans une vingtaine d’entreprises», détaille Isabelle de Cremoux, directeur général de Seventure. La plupart de ses participations devraient provenir de la société d’accélération de transfert de technologie Lutech, lancée en 2012 et dont certains établissements de Sorbonne Universités sont actionnaires.

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