Sagard opte pour un droit de tirage au lieu de lever un troisième fonds
La société d’investissement de la famille Desmarais dispose de 500 millions d’euros pour ses nouvelles opérations, après une seule sortie sur fonds II
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Amélie Laurin
Après un fonds I de 500 millions d’euros et un fonds II ramené de 1 milliard à 800 millions, Sagard change encore de braquet. La société d’investissement parisienne de la famille canadienne Desmarais bénéficie depuis juillet d’un droit de tirage de 100 millions par nouvelle opération. «Le problème n’est pas de trouver de l’argent mais de bons dossiers dans lequel l’investir, explique Frédéric Stolar, associé de Sagard. Nous avons d’ores et déjà une capacité de 500 millions d’euros, apportés par les familles sponsors de Sagard dont les Desmarais et leurs associés historiques, et la famille Frère à travers le groupe GBL. Nous avons aussi la possibilité de syndiquer une partie de nos opérations auprès d’autres familles».
Tous les partenaires historiques de Sagard n’ont donc pas participé aux deux premières acquisitions de son troisième fonds, réalisées dans le domaine financier: la première n’est pas publique et la seconde porte sur le courtier en assurance Santiane (60 millions d’euros pour plus d’un tiers du capital).
Ce troisième véhicule «evergreen» se distingue aussi par ses frais allégés.«La famille Desmarais finance à 100% l’activité de notre société de gestion, ce qui permet d’être plus flexibles pour inviter de nouveaux investisseurs, indique Antoine Ernoult-Dairaine, associé de Sagard. Nous ne leur facturerons des frais de gestion que sur les sommes investies et non plus sur les montants engagés». Une différence de taille après les années sans deals de 2008 et 2009.
Si le fonds I a rendu aux investisseurs 2,9 fois leur mise, Sagard avait lancé son fonds II fin 2006, au plus haut du marché. Outre Saint-Gobain Desjonquères, repris par ses créanciers, il vient de réaliser sa première sortie - partielle - de l’industriel Fläkt Woods. La mise en vente de Ceva a été annoncée hier par Les Echos, mais le fonds souhaite rester actionnaire (environ 6% actuellement) de ce spécialiste de la santé animale valorisé 1,5 milliard d’euros (12 à 13 fois l’Ebitda). Le fabricant de fenêtres Corialis pourrait quant à lui changer de mains fin 2014 ou début 2015.
Les autres dossiers sont trop récents (magasins de déstockage Stokomani et pâtes à tarte Cérélia) ou en difficulté (Vivarte). Dernière ligne du fonds I, HMY peine aussi à trouver preneur après avoir perdu 20% de son chiffre d’affaires en quatre ans. Ce spécialiste des linéaires a obtenu la semaine dernière un amend to extend pour repousser l’échéance de ses 250 millions d’euros de dette à fin 2016.
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