S&P Global acquiert IHS Markit pour 44 milliards de dollars
Le groupe américain S&P Global a annoncé ce midi qu’il va acquérir son concurrent britannique IHS Markit pour environ 44 milliards de dollars, comme l’avait indiqué le Wall Street Journal dimanche. L’offre est bien, comme annoncé, entièrement en actions. IHS Markit affiche une capitalisation boursière de 37 milliards de dollars, tandis que celle de S&P Global s'élève à quelque 82 milliards de dollars. Selon les termes de l’accord de fusion, qui a été approuvé à l’unanimité par les conseils d’administration des deux sociétés, chaque action ordinaire d’IHS Markit sera échangée contre un ratio fixe de 0,2838 action ordinaire S&P Global, ce qui valorise donc la cible 44 milliards de dollars, dont 4,8 milliards de dette nette.
A l’issue de la transaction, les actionnaires actuels de S&P Global détiendront environ 67,75% de la société fusionnée sur une base entièrement diluée, tandis que les actionnaires d’IHS Markit en détiendront environ 32,25%.
La transaction, qui confirme un mouvement de concentration déjà bien engagé dans ce secteur, notamment avec le rachat en cours de Refinitiv par le LSE, aboutit au rassemblement de deux des principaux fournisseurs de données financières, avec «un portefeuille unique d’actifs hautement complémentaires sur des marchés attractifs» et «une capacité d’innovation et technologique de pointe pour accélérer la croissance et améliorer la création de valeur», indique le communiqué. S&P Global fournit des notations de dettes d’Etats et d’entreprises, ainsi que des données pour les marchés de capitaux et de matières premières dans le monde entier. IHS Markit, né de la fusion des deux entités en 2016, a des activités très variées : de la vente de données sur des secteurs particuliers (automobile, technologies, défense, énergie…) aux Etats-Unis (IHS), aux données sur les tendances macroéconomiques à partir d’enquêtes auprès des directeurs d’achats (indices PMI) en passant par les principaux indices sur les dérivés de crédit (CDS) de Markit.
D’importantes synergies
La nouvelle société, qui réaliserait plus de 11,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires pro forma, table sur 76% de revenus récurrents, et sur une croissance organique annuelle de 6,5% à 8,0% en 2022 et 2023. Elle visera une expansion annuelle de sa marge d’EBE de 200 points de base, grâce des synergies annuelles importantes : d’environ 480 millions de dollars sur les coûts d’exploitation, dont 390 attendus d’ici à la fin du deuxième exercice post-deal, et 350 millions de dollars à terme sur les revenus d’exploitation. La transaction devrait être relutive pour les bénéfices d’ici à la fin de la deuxième année complète, la société fusionnée prévoyant de générer un impact sur l’EBE d’environ 680 millions de dollars à la fin de la cinquième année complète. S&P Global entend également maintenir une structure de capital prudente, avec un effet de levier de 2,0 à 2,5.
Douglas Peterson, président-directeur général de S&P Global, exercera les fonctions de PDG de la société fusionnée, Lance Uggla, PDG d’IHS Markit, restera en tant que conseiller spécial de la société pendant un an après le closing.
L’action IHS Markit a bondi de 6,7%, à 98,80 dollars, lundi en préouverture à Wall Street. L’action S&P Global perd 2,6%, à 332,72 dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Les incendies en Gironde illustrent l’écart entre pertes réelles et pertes assurées
Si les risques pour les particuliers ont concentré l’attention, les effets des incendies sur le tissu économique et touristique risquent d’être aussi lourds que durables pour la région. Les pertes réelles devraient largement dépasser les pertes assurées. -
CaixaBank étudierait le rachat de Cetelem en Espagne
La banque espagnole, ambitieuse dans le marché à la consommation, s'intéresse aux 3,5 millions de clients de BNP Personal Finance en Espagne. -
Le CME relance les futures sur actions individuelles pour séduire les particuliers
La Bourse de Chicago espère attirer de nouveaux traders en leur permettant de parier sur les plus grandes valeurs de Wall Street au travers de contrats à terme. Les futures «single-stock» n'avaient pas rencontré leur public avant la pandémie, mais l'environnement semble plus porteur.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Dans la courseA 100 jours des midterms américaines, la reconquête démocrate n'est pas gagnée
Porté par l’impopularité de Donald Trump et l’inquiétude autour du pouvoir d’achat, le Parti démocrate fait la course en tête dans les sondages. Mais entre désavantage financier, découpage électoral défavorable et divisions internes, la route vers la majorité au Congrès reste semée d’embûches -
Lance-flammesIncendies : pour Marine Tondelier, les « pyromanes » sont aussi au gouvernement
La leader des Ecologistes a appelé Emmanuel Macron à convoquer une réunion de crise en « format Saint-Denis », avec les chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires -
PolycriseMégafeux : branle-bas de combat pour les entreprises
Face à la situation en Gironde, l’urgence économique s’installe, 13 000 entreprises étant coupées du monde et obligées de recourir au système D. L'Etat priorise l'énergie et la question des indemnisations