RBS baisse ses bonus pour financer l’amende à venir sur le Libor
En coulisses, les négociations entre Royal Bank of Scotland et les autorités britanniques et américaines vont bon train concernant les soupçons de manipulation du taux interbancaire Libor. La presse anglo-saxonne faisait état la semaine passée de l’imminence de la publication d’un accord qui passerait par une amende de plusieurs centaines de millions d’euros.
La banque a évoqué comme date limite celle de la présentation des résultats annuels fin février. La sanction devrait se situer entre celles déjà convenues sur le même sujet par Barclays en juin (350 millions) et UBS en décembre (1,13 milliard). Le Financial Times ou le Telegraph évoquent ainsi un montant de plus de 300 millions de livres (plus de 365 millions d’euros).
Le conseil d’administration de RBS, détenue à 81% par l’Etat, se démène pour maîtriser au mieux les conséquences d’une telle annonce. Pour éviter surtout de subir une tempête comparable à celle ayant secoué Barclays l'été dernier, entraînant le départ de son président et de son directeur général. Le Financial Times évoque à ce titre une idée originale, celle du financement à hauteur de 150 millions de livres, la moitié environ de l’amende pressentie, par les bonus qui devaient être versés au sein de la division de banque d’investissement au titre de l’année 2012. Une contribution qui représenterait tout de même 40% environ des bonus 2011. Il s’agirait d’une source de financement par défaut frappant l’ensemble des collaborateurs, déjà «relativement sous-payés par rapport à la concurrence», comme le souligne le quotidien, les personnes précisément impliquées dans le scandale entre 2005 et 2010 ayant pour la plupart quitté la banque. RBS n’aurait pas la possibilité de réclamer la restitution de bonus passés.
Autre élément de discussions entre les autorités et RBS évoqué par la presse, la pression exercée sur les deux patrons de la banque d’investissement pour les inciter au départ. Il n’est pourtant pas certain que ces dirigeants, John Hourican et Peter Nielsen, puissent être personnellement mis en cause. Mais l’autorité britannique, la FSA, ferait pression selon le Wall Street Journal pour que la banque «désigne une ou plusieurs personnes comme responsables» en gage du sérieux de sa remise en cause. Stephen Hester, directeur général depuis fin 2008, semble en revanche, pour l’heure, devoir conserver son fauteuil.
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