Pétrole : l’Angola quitte l’Opep
Cinq ans après le Qatar et trois ans après l’Equateur, l’Opep perd un nouveau membre. L’Angola a annoncé quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Lors d’une intervention à la télévision, le ministre du Pétrole, Diamantino Azevedo, a estimé que le rôle de l’Angola dans le cartel n’était pas pertinent et qu’il ne servait pas les intérêts du pays selon des propos rapportés par Reuters.
Cette décision surprise survient à peine quelques semaines après une réunion de l’Opep et de ses alliés (Opep+) qui avait dû jouer les prolongations pendant plusieurs jours – du jamais-vu – pour finalement arriver à un accord en demi-teinte. Selon des informations de presse à l’époque, les discussions auraient notamment bloqué à cause des réticences du Nigeria et de l’Angola à réduire leur quota de production.
Dissensions
Comme le Qatar à l’époque, le pays d’Afrique de l’Ouest est un membre de second rang de l’Opep avec une production de pétrole d’environ 1,1 million de barils par jour, soit à peine 4% de la production globale de l’organisation et 2,6% de celle de l’Opep+. En novembre dernier, l’offre d’or noir du pays était inférieure de 380.000 barils par jour au quota qui lui est accordé selon les estimations de l’Agence internationale de l'énergie (AIE).
Ce départ illustre néanmoins les dissensions internes au cartel, qui cherche à soutenir le prix du pétrole en réduisant sa production au risque de perdre des parts de marché et, à terme, d’abandonner une partie de son influence. Les cours de l’or noir ont d’ailleurs accusé le coup jeudi en début d’après-midi. Le Brent a perdu 1,5% et le WTI américain s’est replié de 2%. «Les prix ont chuté en raison des inquiétudes concernant l’unité de l’Opep+ en tant que groupe, mais rien n’indique que d’autres poids lourds de l’alliance aient l’intention de suivre la voie de l’Angola», a estimé Giovanni Staunovo, analyste d’UBS, selon Reuters.
Dans une note de fin novembre, les analystes de HSBC estimaient que la stratégie conduite par l’Opep d’une gestion du marché pétrolier par des baisses volontaires de production pourrait arriver à bout de souffle d’ici deux ou trois ans et entraîner une nouvelle guerre des prix. Un scénario susceptible d'être accéléré par la sortie de l’Angola ?
Plus d'articles du même thème
-
BP réduit son endettement net d’environ 37% en un seul trimestre
Malgré des dépréciations dans ses activités bas carbone, le groupe britannique a tiré parti d’un contexte favorable dans le raffinage et le trading gazier. -
Malgré les vents contraires, l'économie mondiale devrait continuer à croître de plus de 3%
Le Fonds monétaire international a légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance grâce notamment à l'importance des investissements dans l'IA. Plusieurs éléments menacent toutefois la bonne tenue de l'économie mondiale. -
Entre espoirs en Ukraine et escalade en Arabie saoudite, le pétrole hésite
Les cours des produits pétroliers sont volatils après des événements contradictoires. La Russie devrait débloquer des milliers de tonnes de diesel mais les houthis attaquent l’aéroport de Riyad.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
« Les victimes s’en souviendront » : pourquoi LFI a refusé de voter la loi intégrale
Les députés insoumis se sont abstenus lors du vote de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale -
« Une épreuve de force » : Marine Le Pen veut imposer un bras de fer à l’UE
Dans un entretien au Financial Times, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle explique vouloir tailler dans le budget bruxellois et bousculer les traités pour affaiblir la Commission européenne de l'intérieur, sans quitter la zone euro -
Le faux silence du Maroc après la visite du roi d'Espagne à Ceuta
Contrairement à la présidente visite du roi dans l'exclave revendiquée par le Maroc, Rabat a choisit la discrétion pour protester sans froisser Madrid