Pékin lâche progressivement la bride de Citic
Gros afflux de capitaux étrangers dans une entreprise publique chinoise. Le conglomérat financier Citic Group va céder l'équivalent de 20% du capital de Citic Limited, son véhicule coté à la Bourse de Hong Kong, à des investisseurs asiatiques. Le courtier japonais Itochu et le conglomérat thaïlandais Charoen Pokphand Group sont associés via une coentreprise à parité baptisée Chia Tai Bright Investment (CT Bright).
Celle-ci va céder une participation existante représentant 1% du capital puis acquérir 10% de Citic Ltd. auprès d’une filiale actionnaire de contrôle de la maison-mère pour un montant de 34,4 milliards de dollars de Hong Kong (3,8 milliards d’euros). La joint-venture fera également l’acquisition de 45,9 milliards de dollars de Hong Kong d’actions de préférence convertibles, qui porteront sa participation totale théorique à 20,6%. Cette conversion ne pourra se faire que si Citic atteint un seuil minimum de flottant de 25%. L’Etat chinois ne conservera alors que 60% du capital. Une injection bienvenue alors que Citic Ltd. a annoncé hier une charge de dépréciation de 1,4 à 1,8 milliard de dollars liée à son projet minier australien Sino Iron.
Cet élargissement de la base d’investisseurs s’inscrit dans le prolongement de la réorganisation initiée l’an dernier. Citic a injecté 37 milliards de dollars d’actifs provenant de la holding dans son véhicule coté qui a accueilli à cette occasion de nouveaux investisseurs de référence dont le fonds singapourien Temasek et l’assureur AIA. «Nous avons non seulement attiré des investisseurs privés mais ceux-ci sont des conglomérats mondiaux attractifs qui étendront notre envergure», a commenté Chang Zhenming, président de Citic, à l’occasion de cette dernière opération.
Charoen Pokphand Group et Itochu ont noué l’an dernier un accord de participations croisées d’un montant de 1,9 milliard de dollars afin de développer en commun des activités dans l’agribusiness en Chine. «Nous comptons accroître fortement notre potentiel de croissance en créant des activités dans des marchés émergents où nous ne pouvons pas nous aventurer seuls», a estimé Masahiro Okafuji, le directeur général d’Itochu, cité par le Financial Times. Les 10% de Citic Ltd. détenus par le courtier devraient lui apporter de 70 à 80 milliards de yens de profits consolidés par an (soit de 510 à 583 millions d’euros).
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