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Où s’arrêtera le café robusta ?
Après le jus d’orange, puis le cacao c’est désormais au tour du café, et plus spécifiquement du café robusta, d’afficher des hausses de prix spectaculaires. Comme ses devanciers, le robusta est une denrée tropicale et à l’instar du cacao, sa production, particulièrement localisée au Vietnam et au Brésil (les deux premiers producteurs mondiaux), a été affectée par le phénomène El Niño particulièrement prononcé ces derniers mois. Les rendements au Brésil ont baissé sous l’effet de températures plus froides qu’à l’accoutumée et de précipitations insuffisantes, les plantations vietnamiennes ont souffert d’une sécheresse caractérisée.
Quelques facteurs plus spécifiques ont pu aussi contribuer à cette flambée. Les hausses quasi générales des prix ces derniers trimestres ont à la fois renchéri ses coûts de production (fertilisants et énergie notamment) et entraîné un report de la demande en sa faveur et au détriment de l’arabica généralement plus qualitatif mais devenu trop cher au goût d’un consommateur désormais plus attentif aux étiquettes.
Les attaques en mer Rouge ont aussi perturbé le marché du robusta car cette voie maritime est une route privilégiée entre le Vietnam premier producteur mondial et deuxième fournisseur pour l’Union Européenne elle-même première consommatrice et importatrice globale de café (arabica et robusta confondus). Les exportateurs brésiliens ont compensé tant bien que mal les retards d’approvisionnement en provenance du Vietnam et aussi de l’Indonésie, troisième producteur mondial de robusta, mais n’ont pas totalement endigué la hausse des cours.
A cette heure, les inquiétudes concernant la météorologie perdurent et les craintes se portent désormais sur la prochaine récolte vietnamienne. Si la sécheresse se poursuit, la nouvelle campagne pourrait décevoir à son tour.
Les prix des cafés arabica et robusta poursuivent ainsi sur leur lancée et ignorent pour l’instant les signes de modération qui commencent à apparaître par ailleurs. Ainsi, le marché ne semble pas prêter attention au rebond des stocks sur les marchés à terme. Or ceux de l’arabica (marché ICE US) sont au plus haut depuis mai 2023 et ceux du robusta (marché ICE Europe) se redressent après un plus bas enregistré en février dernier.
Modération attendue
La situation pourrait cependant évoluer dans les mois à venir. La météorologie peut encore s’améliorer prochainement au Vietnam, et elle est déjà plus clémente en Amérique du Sud. La prochaine récolte brésilienne commence dans quelques semaines et est attendue en hausse notamment grâce au retour de la pluie. C’est aussi le cas en Colombie où la production est attendue en progression de 16% par S&P Global. Cela inclut – surtout pour la Colombie – de l’arabica mais ce dernier se substitue assez bien au robusta, d’autant plus que la prime de l’arabica vis-à-vis du robusta s’est nettement amenuisée à une trentaine de cents par livre en avril contre plus d’une centaine en 2022.
Il semble donc que le robusta ait entraîné l’arabica à la hausse ces dernières semaines mais si les chiffres de production attendus se confirment, il se pourrait bien que dans les mois à venir, l’arabica ramène le robusta vers des niveaux de prix plus modérés.
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