Omicron et Moderna font rechuter les actions
Le rebond aura été de courte durée. Les places boursières repartent à la baisse ce mardi dans le sillage des déclarations de Stéphane Bancel, le président du laboratoire Moderna, qui estime qu’il est peu probable que les vaccins contre le Covid-19 actuellement disponibles s’avèrent aussi efficaces contre le variant Omicron que contre les précédentes souches du coronavirus.
L’Europe a ouvert dans le rouge ce mardi et l’est toujours à la mi-séance. Vers 12 heures, l’indice Stoxx Europe 600 perd 1,2% (après avoir regagné 0,7% lundi suite à des achats sur replieffaçant une partie de sa chute de vendredi). L’Euro Stoxx 50, plus étroit et sur la zone euro, abandonne 1,4%. A Paris, l’indice CAC 40 cède 1,21% tandis que le Dax 40 baisse de 1,31% à Francfort.
Le secteur des transports et du tourisme est le plus affecté par les prises de bénéfices, étant le plus sensible aux inquiétudes liées à cette nouvelle souche potentiellement plus contagieuse qui entraîne déjà de nouvelles restrictions de voyages.
L’indice VStoxx de volatilité de l’Euro Stoxx 50 bondit de 10% et dépasse 30, à 31,62.
Les marchés futures anticipent une ouverture également en baisse à Wall Street. L’indice S&P 500 reculerait de 0,8%, après avoir rebondi de 1,3% lundi. Le Nasdaq pourrait mieux résister, en baisse de seulement 0,4% sur les contrats futures (l’indice à forte composante technologique a regagné 1,9% lundi, tirant l’ensemble de la cote).
Doutes de Moderna
Il est probablement impossible que l’efficacité des vaccins face au nouveau variant Omicron «soit au même niveau (...) que celle observée face au variant Delta», a dit Stéphane Bancel au Financial Times. Je pense qu’il s’agira d’une baisse significative. «Je ne connais pas son ampleur parce que nous devons attendre les données», ajoute-t-il en évoquant le scepticisme de l’ensemble des chercheurs avec lesquels il a discuté.
Dan Staner, le vide-président de la biotech américaine, a par ailleurs indiqué mardi sur France Info qu’un des axes sur lequel travaille Moderna est le développement d’un vaccin spécifique ciblant directement le variant Omicron, ce qui prendra «dans les six à sept mois».
Fuite vers la qualité
En Asie, après avoir évolué dans le vert, les marchés actions ont également basculé dans le rouge. A Tokyo, l’indice Nikkei cède 1,6%. La Bourse de Hong-Kong abandonne 1,7% et Séoul 2,4%. Les places chinoises continentales continuent de résister et terminent quasi stables après l’annonce d’indices PMI en Chine supérieurs aux attentes.
Les marchés de taux profitentde ce regain d’aversion au risque, surtout sur le marché des Treasuries où le rendement de l’emprunt américain à 10 ans se resserre de 6 points de base (pb), à 1,46% (il était proche de 1,7% il y a une semaine sur des anticipations de resserrement plus rapidede la politique monétaire de la Fed). Dans la zone euro, le mouvement est plus limité. Le Bund et l’OAT 10 ans se détendent de 1 pb, à -0,33% et 0,03% respectivement.
Dans un sondage auprès d’investisseurs, réalisé lundi, Deutsche Bank a révélé qu’une majorité d’entre eux ne considère pas ce nouveau variant comme un risque majeur pour les marchés d’ici la fin de l’année. «Si c’est correct et que nos répondants reflètent fidèlement le sentiment plus large du marché, cela indique de gros risques à la baisse en cas de de mauvaises nouvelles notables sur le cariant», s’inquiète Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank. Le marché lui donne raison. Jim Reid note que la contre-performance lundi des valeurs moyennes sur le marché américain (-0,2% pour l’indice Russell 2000) montre que le marché n’est pas totalement serein.
Plus d'articles du même thème
-
Le compromis sur la supervision européenne des marchés ne satisfait pas la Commission
L’adoption d’une nouvelle version de MISP par le Conseil européen suscite la critique de la Commission qui aurait préféré conserver une supervision centralisée pour un plus grand nombre de plateformes d’échange. -
L’IA va faire face à un durcissement des conditions de financement
Les projections d’investissements dans l’IA continuent d’augmenter et les besoins de financement aussi. Les investisseurs réclament une prime plus élevée. Si elle devenait trop haute, elle pourrait remettre en cause certains de ces investissements. Un risque scruté de près. -
Les banques françaises : peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
La rechute des valorisations boursières des banques françaises depuis quelques semaines s'explique moins par la trajectoire de leurs revenus, relève Vivien Levy-Garboua, que par le niveau de leurs coûts, sensiblement plus élevés que ceux de leurs rivales.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Opération séductionPrésidentielle : à la conquête de la Gen Z
Le mouvement lycéen a fait irruption dans la campagne, plaçant la jeunesse au cœur du débat. Le défi est de séduire une génération plurielle, revendicative et marquée par une forte abstention -
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital