Nyse Euronext veut rassurer les députés européens sur la fusion avec Deutsche Börse
Dominique Cerutti, le président directeur général de Nyse Euronext en Europe, a écrit la semaine dernière à une douzaine de députés européens pour leur confirmer l’existence de «discussions avancées» en vue d’une fusion avec Deutsche Börse et leur en démontrer la pertinence. «Cette fusion transatlantique entre égaux renforcerait la dimension européenne et l’influence d’un ‘global player’ dans les marchés de capitaux», écrit-il dans un courrier dont L’Agefi a eu copie, soulignant qu’elle épouse «l’esprit de la réforme européenne», qu’il s’agisse de coordination des politiques économiques ou de la création d’un superviseur européen.
Les bourses soulignent le besoin de regrouper leurs forces face à la concurrence des plates-formes électroniques (MTF) et du gré à gré. Depuis l’entrée en vigueur de la directive MIF en 2007, les MTF ont drainé environ 15% du trading actions en Europe (marchés réglementés et de gré à gré confondus). «La consolidation des marchés régulés au sein du marché intérieur est la conclusion logique des intentions législatives de l’Union européenne», souligne le dirigeant de Nyse Euronext.
Du côté des députés allemands, l’annonce a été diversement accueillie. «La fusion Nyse Euronext devait se faire entre égaux. Mais New York a pris le dessus. Si le groupe s'élargit à Francfort, cela renforcera le côté européen d’une façon non négligeable, déclare le député libéral Wolf Klinz à L’Agefi. Ce sont les actionnaires qui diront si c’est faisable ou pas».
Son compatriote bavarois Markus Ferber (PPE), probable rapporteur pour la révision de la directive MIF, souligne que les deux parties évoluent dans des «environnements réglementaires très différents». «Il faudra veiller à ce que les Américains n’exportent pas leur réglementation en Europe», précise Wolf Klinz.
«Nous sommes arrivés à la fin d’un cycle: on a cassé les monopoles qu’étaient les bourses mutuelles pour revenir à un oligopole privé. La concentration de ces activités est dans la logique économique. Il faut en tirer les conséquences, à savoir que la concurrence, qui avait été l’objectif de la directive MIF, ne peut se faire que sur un moins-disant réglementaire», estime le Français Pascal Canfin.
Le projet de fusion doit être officialisé aujourd’hui, avant l’ouverture de la séance à New York, après approbation par les conseils des deux groupes.
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