Nyse Euronext et Deutsche Börse laissent la porte ouverte à LCH.Clearnet

Les dirigeants des deux groupes, de passage hier en France, se sont voulus rassurants sur le rôle de Paris dans le nouvel ensemble
Alexandre Garabedian

«Ce n’est pas Francfort contre Paris, c’est Francfort avec Paris». De passage dans la capitale, Reto Francioni, patron de Deutsche Börse, tentait hier de dissiper les éventuelles inquiétudes de la Place face au rapprochement de son groupe et de Nyse Euronext. A ses côtés, Duncan Niederauer, directeur général de la Bourse transatlantique, et Dominique Cerutti, directeur général délégué en Europe, ont appuyé le propos.

En substance, mieux vaut participer à la création du premier opérateur boursier mondial, présent dans tous les métiers, plutôt que de rester sur le bas-côté de la route. Il faut dire que pour Paris, l’essentiel s’est joué il y a des années déjà: échec du Matif sur les dérivés dans les années 90, rejet du modèle en silo qui a fait la fortune de Deutsche Börse, rachat par le Nyse en 2007.

Les promoteurs de la fusion insistent sur la distinction entre la technologie, mondiale, et les icônes nationales que constituent les marchés au comptant de Francfort, Paris, New York, etc. «Notre objectif est d’être un marché unique sur le plan technologique, avec une plate-forme mondiale pour le cash et une autre pour les dérivés. Mais dans chaque pays, les Bourses resteront indépendantes», ne serait-ce que pour des raisons réglementaires, insiste Reto Francioni.

Comme annoncé, Paris sera la tête de pont en Europe pour le cash actions – assurant le lien avec les autorités européennes ou avec New York, par exemple. Ce qu’elle fait déjà aujourd’hui au nom des quatre marchés d’Euronext, et demain pour la Bourse de Francfort. La capitale française abritera aussi la direction des systèmes d’information et de la technologie du nouveau groupe, ce qui n’empêchera pas les moteurs de cotation européens de rester à Londres pour le cash actions.

La Place de Paris caresse aussi l’espoir de décrocher une partie du post-marché du nouvel ensemble. La chambre franco-britannique LCH.Clearnet assure la compensation d’Euronext jusqu’en 2012, date à laquelle la Bourse prévoyait de se doter d’une solution intégrée. Deutsche Börse apporte aujourd’hui la sienne, Eurex Clearing. Mais il n’est pas exclu que LCH.Clearnet, au moins pour sa partie française, puisse trouver un terrain d’entente avec Nyse Euronext, même si elle n’y est pas parvenue ces derniers mois. «Nous avons toujours laissé la porte ouverte à LCH.Clearnet, et nous la gardons ouverte», indiquent Duncan Niderauer et Dominique Cerutti.

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