Natixis veut scinder son informatique en amont de son plan stratégique
Luc-Emmanuel Auberger imprime sa marque. Trois ans après l’unification de la direction des systèmes d’information (DSI) de Natixis, le nouveau directeur des opérations et SI veut mettre en place un organigramme bicéphale. «Cette réorganisation des couches ‘basses’ préfigure sans doute la future organisation du groupe qui présentera son plan stratégique à l’automne», estime un représentant syndical.
Le 1er juin prochain, un premier pôle doit regrouper l’informatique de la BFI (rebaptisée l’été dernier «banque de grande clientèle») et les fonctions centrales de la DSI, comme les ressources humaines ou les risques. Il sera dirigé par Franck Bernay, actuel responsable de la production informatique. Les équipes en charge des back-offices des salles de marchés y seront séparées des front, mais Natixis n’envisage pas de prendre part, en tout cas pour le moment, au projet de la Société Générale d’externaliser ses back-offices marchés chez Accenture, assure une source proche du management.
Le second pôle inclura le contrôle de gestion et des outils de pilotage, et surtout l’informatique des filiales de Natixis au service des réseaux de sa maison mère BPCE : assurance, services financiers spécialisés (crédit à la consommation, etc.) et banque privée. Les systèmes du global transaction banking de la BFI (gestion de trésorerie, etc.) seront logés dans ce pôle, avec les paiements et opérations sur titres de la banque de détail. Il sera chapeauté par Gilles de Wailly, patron des études (maîtrise d’œuvre).
«Certains craignent une remontée de ses équipes dans BPCE », indique l’élu du personnel. La source proche de la direction écarte toute modification du périmètre de Natixis. «Le projet vise uniquement à rendre l’organisation actuelle plus simple et plus efficace», insiste-t-elle.
Les économies visées ne sont pas dévoilées, mais le recours aux prestataires devrait baisser. Avec les salariés de centres de services extérieurs, ils représentent encore la moitié des 2.900 personnes au service de la DSI. Dans la future organisation, la plupart des salariés internes ne changeraient pas de poste, mais «18 postes de managers, non identifiés, seront supprimés, s’insurge un autre élu, Francis Vergnaud, délégué syndical national SNB CFE/CGC. La direction devrait proposer des mobilités mais on n’y croit plus. A la BFI, sur les 131 suppressions de postes annoncées il y a un an, 25 personnes sont toujours en attente d’une mobilité».
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