Natixis se fait un nom dans les dérivés actions
Natixis a décidé d’investir dans les dérivés actions, et cela commence à se voir. En moins d’un an, la filiale de BPCE revendique d’être passée du 15e au 3e rang sur le marché français, derrière les mastodontes Société Générale et BNP Paribas. Au premier semestre, les revenus de l’activité ont progressé de 35% sur un an, là où ceux du marché mondial, dans son ensemble, se contractaient de 19% (convertibles incluses), selon le cabinet Coalition. Le groupe a poursuivi depuis ses gains de parts de marché.
Cette conquête n’est pas le fruit d’une politique de prix bradés, mais d’un changement de stratégie et d’organisation. «Natixis avait un business model très tourné vers les réseaux de distribution et fondé sur les appels d’offres, à faible valeur ajoutée. L’ingénierie financière a été replacée au cœur du dispositif et rapprochée des équipes de vente, pour que nous puissions proposer notre propre offre produit à une base plus large de clients comme les assureurs ou les family offices», explique Selim Mehrez, responsable mondial des dérivés actions de la banque. Cet ancien de la Société Générale et de Morgan Stanley, tout comme Luc François, le patron des marchés de Natixis, qui l’a recruté, a pris les rênes de l’activité le 1er janvier.
La banque s’est ainsi détournée des petits tickets, non rentables. Elle préfère profiter des opportunités ouvertes par les évolutions réglementaires: par exemple, en proposant aux assureurs des solutions qui les exposent au risque actions tout en diminuant leur consommation de capital, ou en servant d’intermédiaire lors des opérations d’échange d’actifs (collateral switch) entre un assureur et une banque gérant son coussin d’actifs liquides.
Si l’effectif total du métier dérivés actions est à peu près stable, à 200 personnes, Natixis continue à recruter des vendeurs. «De 40 à 45 en début d’année et 55 aujourd’hui, leur nombre devrait s’accroître de 25% en 2015, principalement à l’international. Dans l’idéal, à l’horizon du plan 2017 de Natixis, nous devrions compter 100 vendeurs pour 50 traders, en ligne avec le ratio pratiqué par nos grands concurrents», précise Selim Mehrez.
L’essentiel de ces renforts est fait à Londres, aux Etats-Unis et dans quelques marchés d’Asie (Taïwan, Corée, Singapour et Japon). «En 2017, l’Europe devrait représenter 65% des revenus, contre 85% aujourd’hui, les Etats-Unis 20% et l’Asie 15%», conclut Selim Mehrez.
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