Natixis reprend la pleine maîtrise de son informatique
Natixis ressort un vieux projet des cartons. De sources concordantes, la filiale de BPCE va se retirer du groupement informatique ICDC, dont le groupe détient 30% aux côtés de la Caisse des dépôts (40%) et de la CNP (30%). Elle traitera désormais en interne les services aujourd’hui fournis par ce groupement d’intérêt économique (GIE). Déjà lancé en 2008, le projet avait été interrompu, Natixis ayant des sujets plus urgents à régler en pleine crise financière.
ICDC sert de centrales d’approvisionnement en matériels, logiciels et prestations intellectuelles à Natixis, mais aussi au pôle Natixis Paiements et à BPCE. Il a aussi un rôle d’hébergeur d’infrastructures techniques. En 2010, le groupement devrait facturer 81 millions d’euros de frais à Natixis, dont 67 millions pour les seules activités de banque de financement et d’investissement. Soit 8% des dépenses informatiques totales de la banque. Historiquement, cette proportion était bien supérieure. Avant la fusion avec Natexis en 2006, plus de 50% des frais informatiques mondiaux d’Ixis CIB, à l’origine une émanation de la Caisse des dépôts, provenaient d’ICDC.
En pratique, 107 salariés du GIE travaillent pour le compte de Natixis et sont présents dans ses locaux, parfois depuis de nombreuses années. Ils devraient se voir proposer un transfert de leur contrat de travail chez leur donneur d’ordres, sur la base du volontariat. ICDC tiendra ensuite une assemblée générale en février 2011 pour entériner le retrait de Natixis.
Pour la banque, l’intérêt de l’opération est double. Elle contrôlera l’ensemble de ses moyens informatiques, avec les avantages qui en découlent: processus de gestion simplifiés, statuts sociaux harmonisés, force de frappe et de négociation accrues en matière d’achats. Cela se traduira sur le plan financier par des économies chiffrées à 4,5 millions d’euros environ, soit 5% de la base de coûts 2010. Les deux tiers proviendront du retrait d’ICDC, le tiers restant d’économies sur les prestataires externes.
Pour ICDC en revanche, ce retrait est une mauvaise nouvelle. Le groupement, qui a réalisé 285 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009, perdra avec BPCE et Natixis près de 30% de ses revenus. Mais il verra aussi s’envoler une partie de son expertise, compte tenu de la technicité des activités de marché.
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