Natixis lance une négociation sur l’emploi en amont de son plan stratégique
La filiale cotée de BPCE va ouvrir le 4 juin des discussions marathon qui font craindre aux syndicats des coupes dans les effectifs
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Amélie Laurin
Natixis prépare à son tour un accord sur l’emploi après la Société Générale. Les syndicats sont convoqués le 4 juin pour des négociations qui devraient durer plusieurs semaines, a appris L’Agefi de quatre sources concordantes. Au menu: la gestion des carrières, la formation, les seniors, le contrat de génération… mais aussi «les modalités d’information et de consultation des partenaires sociaux sur les orientations stratégiques de l’entreprise» et «les dispositifs spécifiques en cas de réorganisation».
Ces deux lignes de l’ordre du jour font craindre aux syndicats une remise à plat des relations sociales, à quelques mois de l’annonce du futur plan stratégique de Natixis et de sa maison-mère BPCE, repoussé à l’automne. En clair, la direction préparerait le terrain pour des suppressions de postes. «Nous attendons les propositions de la direction, mais nous anticipons qu’elle souhaite mettre en place un cadre pour de futures baisses d’effectifs, comme l’accord négocié à la Société Générale», déclare Francis Vergnaud, délégué syndical national du SNB CFE-CGC. Jusqu’à présent, elle refusait l’ouverture de discussions globales sur l’emploi, au motif que seule la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences de BPCE s’appliquait à Natixis».
«Nous craignons que les discussions visent à décliner l’Accord national sur l’emploi (ANI) qui offrira plus de flexibilité aux employeurs», indique un autre élu du personnel. Nous devrons désapprendre ce qui était en vigueur pour les plans sociaux jusqu'à présent, comme le montre le «test» mené dans la BFI l’an dernier». Au lieu de lancer un plan social dans sa banque de financement et d’investissement, comme en 2009, Natixis a misé sur les départs volontaires et les mobilités. Avec un succès relatif: seize mois plus tard, 109 suppressions de postes sont actées, sur les 131 prévues en France.
A quelques mois du plan stratégique, «certains services se sentent d’ores et déjà visés», poursuit la deuxième source. Plusieurs élus citent les marchés actions, dont le patron a été débarqué, sur fond de rumeurs de cession ou arrêt de l’activité, ainsi que la conservation de titres pour le compte des clients des réseaux de BPCE. Ces deux métiers, jugés non rentables, sont pénalisés depuis plusieurs années par la faiblesse des volumes d’échanges sur les marchés actions. Contacté, Natixis n’a pas souhaité faire de commentaires.
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