Natixis étoffe sa plate-forme de dette dans les infrastructures
Après Ageas, CNP Assurances contribuera à certains financements arrangés par Natixis. Il est prêt à y consacrer environ 2 milliards d’euros
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Antoine Landrot
La désintermédiation du crédit s’accentue. Quelques jours après la signature d’un accord entre Axa et Commerzbank dans les prêts aux entreprises, Natixis et CNP Assurances ont annoncé un protocole d’accord dans le financement d’infrastructures.
La compagnie aura vocation à investir entre 50 et 150 millions d’euros dans des prêts arrangés par la filiale de BPCE. Ils devront être libellés en euros, voire en livre sterling. Les projets seront situés en Europe, à l’exception des pays les plus risqués. Si le financement de projets existants n’est pas exclu, il s’agira en général de projets nouveaux.
CNP entend se constituer un portefeuille d’environ deux milliards d’euros en trois ans, contre quelques centaines de millions à l’heure actuelle. Afin d’aligner les intérêts, Natixis conservera à son bilan une portion de chaque financement (toutefois inférieure à 50%) tant que CNP conservera la sienne.
Natixis s’appuie sur sa plate-forme d’intermédiation mise en place l’année dernière; l’accord avec CNP viendra enrichir le premier partenariat signé avec l’assureur belge Ageas (héritier de Fortis) en août dernier. Les deux compagnies pourront investir dans les mêmes opérations – l’intérêt pour Natixis étant d’accroître ses capacités d’arrangement sans pénaliser son bilan.
Avec Axa, Cardif, Ageas et maintenant CNP, les assureurs s’intéressent aux infrastructures. «La dette d’infrastructures présente un intérêt particulier pour les passifs de retraite: elle consiste en un financement long garanti par des cash-flows sécurisés», explique à L’Agefi Mickaël Cohen, directeur des investissements chez CNP Assurances. «De nombreux investisseurs se demandent comment accéder à cette classe d’actifs, qui leur correspond bien en termes de duration et de diversification: ils peuvent agir seuls, devenant banquier de fait, investir dans des fonds auprès de gérants, ou nouer un accord avec des banques. Mais le délai de montage des opérations et la durée de vie des actifs sont très contraignants pour une société de gestion. C’est pourquoi nous avons développé une plate-forme. Les investisseurs trouvent dans les banques des équipes aguerries aux infrastructures et un alignement d’intérêts dans la durée», explique à L’Agefi Benjamin Sirgue, responsable des financements d’infrastructures chez Natixis.
Les engagements de CNP en retraite / prévoyance représentent près de 20 milliards d’euros, pour plus de 200 milliards en épargne.
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