Nasdaq OMX rivalisera avec le Liffe et Eurex sur les dérivés dès 2013
Nasdaq OMX confirme qu’elle va se lancer sur un marché européen des dérivés dominé par Nyse Euronext et Deutsche Börse. L’information avait déjà été éventée par le Financial Times en octobre dernier. Sous réserve d’obtenir l’aval du régulateur britannique, la Bourse américaine compte inaugurer au premier trimestre 2013 la plate-forme alternative (MTF), NLX, spécialisée sur les dérivés de taux d’intérêt courts et longs en euros et en livres.
Nasdaq OMX n’adoptera pas le modèle dit en silo, avec une chambre de compensation intégrée. Les dérivés seront compensés via LCH.Clearnet, en passe d'être achetée par le London Stock Exchange. La Bourse assure que les utilisateurs pourront réduire les montants du collatéral apporté en garantie pour les différentes catégories de produits dérivés grâce à un système de «cross-margining».
Pour le groupe américain, le marché est prometteur car les régulations en cours de discussion en Europe (Emir et Mifid) encouragent le transfert des dérivés échangés de gré à gré sur des plates-formes et leur compensation. Mais la Bourse devra proposer des contrats attractifs et séduire les banques pour percer dans ce marché. D’autant que la concurrence est très rude. Nyse Euronext est déjà présent sur les dérivés à Londres via le Liffe (spécialisé sur les dérivés de taux de court terme) et est en train de développer sa propre chambre de compensation. Le groupe a voulu se rapprocher de Deutsche Börse pour sa plate-forme dédiée aux dérivés, Eurex, spécialisée sur les dérivés de taux d’intérêts de long terme. Mais la fusion a été rejetée début 2012 par les autorités de la concurrence à Bruxelles. Les deux Bourses contrôlent plus de 90% du marché sur certains produits.
D’autres acteurs ambitionnent de percer sur ce segment comme le courtier Icap qui vient de prendre le contrôle de la plate-forme Plus Stock Exchange pour se lancer sur les dérivés listés.
Nasdaq OMX qui est surtout présent en Europe via ses marchés nordiques avait déjà tenté de s’implanter à Londres en 2008. Dans le sillage de l’ouverture des marchés assurée par la directive MIF, le groupe avait lancé une plate-forme alternative spécialisée sur les actions, Neuro. Mais il a dû jeter l'éponge en 2010. Pour mettre un pied en Europe, la Bourse avait aussi tenté de mettre la main sur le London Stock Exchange et sur Nyse Euronext. En vain.
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