Morgan Stanley trouve la martingale pour réduire son risque de marché
Les mesures du risque de marché sont à prendre avec des pincettes dans les grandes banques américaines. JPMorgan et ses actionnaires ont fait les frais au premier semestre d’une Value-at-Risk (VaR) mal calibrée, qui sous-estimait l’ampleur des positions prises par les traders londoniens du groupe lors du fameux épisode de la «Baleine de Londres». Morgan Stanley, elle, a changé discrètement au troisième trimestre la méthode de calcul de cet indicateur, qui reflète la perte maximale potentielle un jour donné sur les marchés.
«La société a modifié son modèle de VaR pour qu’il soit plus réceptif aux récentes conditions de marchés», indique la firme de Wall Street dans les annexes financières de ses comptes trimestriels, publiés hier. Ruth Porat, la directrice financière, a précisé hier que l’indicateur ne se basait plus sur quatre années d’historique, ce qui englobait jusqu’à présent le choc de l’après-Lehman, mais seulement un an.
Le résultat est spectaculaire. La nouvelle VaR tombe à 63 millions de dollars au troisième trimestre, contre 82 millions avec l’ancienne méthode (-23%). Pour les deux trimestres précédents, la nouvelle formule aurait donné un résultat de 20% inférieur en moyenne. Certes, «le changement a été approuvé par les régulateurs du groupe, afin que la firme l’utilise dans ses calculs de fonds propres réglementaires». Mais à l’heure où les banques américaines accusent leurs concurrentes européennes de minorer le calcul de leurs actifs pondérés par le risque pour abaisser leurs exigences en capital, la précision ne manque pas de sel.
Morgan Stanley a par ailleurs dégagé des résultats supérieurs aux attentes, à 28 cents par action, si l’on exclut l’effet comptable lié à la réévaluation de sa dette. Les revenus des activités taux, change et matières premières (FICC) ont atteint 1,5 milliard de dollars, contre 1,1 milliard un an auparavant et surtout 770 millions au deuxième trimestre 2012. La perspective d’une dégradation de deux crans par Moody’s, survenue fin juin, avait pesé sur l’appétit des clients à traiter avec la banque au printemps.
Malgré le rebond du pôle, Morgan Stanley reste loin derrière Citi ou Goldman Sachs en termes de revenus. La banque a indiqué hier examiner «diverses structures» pour son activité matières premières dont les revenus ont chuté de 3 milliards de dollars en 2008 à 1,3 milliard en 2011, laissant attendre une possible cession.
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