Morgan Stanley sur la sellette pour son rôle auprès de Facebook
Morgan Stanley risque autre chose que sa réputation dans la façon dont elle a mené l’introduction en Bourse de Facebook vendredi dernier. En plus de l’intérêt que porte à l’affaire la Securities and Exchange Commission (SEC), gendarme de la Bourse américain, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), qui réglemente l’activité des courtiers, examine notamment dans quelle mesure la banque d’investissement américaine, chef de file de l’opération, aurait informé certains clients de perspectives défavorables au réseau social, quelques jours avant sa cotation.
Signe que l’affaire prend de l’ampleur, des poursuites ont également été entamées à plusieurs niveaux. Le régulateur financier en chef du Massachusetts, William Gavin (dont la charge est de protéger les investisseurs de cet Etat), a indiqué qu’il avait assigné Morgan Stanley. Plusieurs investisseurs ont également déposé plainte auprès de la Cour fédérale de Manhattan contre Morgan Stanley, mais également contre plusieurs banques ayant exercé un rôle important dans l’opération (Goldman Sachs, JPMorgan, ainsi que certaines entités de Bank of America et de Barclays). Une plainte similaire aurait été déposée la veille en Californie, d’après Reuters, qui cite une source juridique.
Les accusations, graves, font penser que les établissements ont frisé le délit d’initiés. Certains analystes travaillant pour l’activité de courtage de ces banques auraient dégradé les perspectives de revenus de Facebook au deuxième trimestre et pour 2012, suite notamment au dépôt d’un prospectus complémentaire auprès de la SEC amendant les perspectives de développement en raison d’un usage grandissant d’appareils mobiles de la part des utilisateurs, rapporte l’agence Bloomberg. La question est de savoir dans quelle mesure les banques ont diffusé largement ces analyses, fondées sur une information par ailleurs publique, auprès des investisseurs ou les ont gardées pour quelques clients privilégiés.
Ces démarches viennent contredire la défense de Morgan Stanley, qui a expliqué mardi avoir «suivi la procédure commune à toutes les introductions en Bourse». En outre, d’autres interrogations planent sur son rôle exact. Alors que – pour ne rien arranger – une anomalie technique survenue sur le Nasdaq avait retardé l’introduction de Facebook et provoqué des annulations d’ordres, la banque est également accusée d’avoir soutenu le cours du titre le jour de sa première cotation vendredi. Depuis, l’action a perdu 17%.
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