Morgan Stanley restaure ses marges avant de nouveaux sacrifices

La banque américaine acte un ralentissement de sa banque d’investissement et mise sur Smith Barney, sa division de gestion de fortune
Amélie Laurin

Morgan Stanley a publié vendredi des résultats en trompe-l’œil. L’an dernier, la variation de la valeur de sa dette propre l’a fait basculer dans le rouge (-50 millions de dollars). Retraité de cet élément comptable, le bénéfice du groupe atteint 3,05 milliards d’euros pour 30,5 milliards de revenus, mais reste loin du record de JPMorgan (21,3 milliards de dollars) et du quasi-triplement de Goldman Sachs (7,3 milliards).

Au quatrième trimestre, Morgan Stanley doit son retour aux profits (547 millions de dollars dans les «activités poursuivies») au rebond des taux, changes et matières premières (FICC), plombés un an plus tôt par le règlement d’un litige. Pourtant, sans cet élément exceptionnel, les taux, et surtout les matières premières, ont en fait reculé. A l’échelle de la banque d’investissement, les revenus s’effritent même de 4,6% d’un trimestre sur l’autre, hors variation de la dette.

Dans ce contexte, Morgan Stanley accélère sa transformation. La banque a un an d’avance dans la baisse des actifs pondérés du risque du pôle FICC, passés en 15 mois de 390 milliards de dollars à 280 milliards (en Bâle 3). Elle veut être sous les 200 milliards en 2016. Le groupe va aussi comprimer ses effectifs de 10% cette année, après une baisse de 7% en 2012. 1.700 nouvelles suppressions ont déjà été annoncées ce mois-ci, tout comme un paiement différé total pour les bonus des banquiers les mieux payés. Morgan Stanley va enfin réduire l’empreinte de sa banque d’investissement, au détriment notamment de la Russie et du Moyen-Orient.

Le groupe table au total sur 1,6 milliard de dollars d’économies supplémentaires d’ici à 2014. Ces efforts doivent permettre de porter le rendement des fonds propres (hors charge de la dette) de 6% au dernier trimestre à plus de 10%, à moyen terme. Pour y parvenir, Morgan Stanley compte aussi sur une meilleure collaboration entre la banque d’investissement et la gestion de fortune.

Cette dernière confirme son rôle moteur dans sa stratégie. Principale contributrice aux résultats du groupe, la division a surpris en atteignant avec six mois d’avance son objectif de marge avant impôt de 17%, contre 7% un an plus tôt. Pour en tirer tous les fruits, Morgan Stanley veut accélérer le rachat des 35% de sa coentreprise Smith Barney encore détenus par Citigroup, et monter à 100% d’ici à deux ans au plus tard.

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