Mario Draghi minimise l’impact du ralentissement en zone euro
Mario Draghi ne voit pas de raison d’infléchir le rythme de sortie de la politique accommodante de la BCE en raison du ralentissement économique en zone euro. Mais le président de la Banque centrale européenne, qui s’exprimait lundi devant les députés européens, devra encore convaincre ses collègues à Francfort et les investisseurs.
Le banquier central a jugé «normal» le ralentissement graduel dans la zone euro, «à mesure que l’expansion devient mûre et que la croissance converge vers son potentiel». Pour Mario Draghi, «une partie du ralentissement pourrait aussi être temporaire. D’ailleurs, les dernières statistiques montrent déjà une normalisation de la production dans l’industrie automobile», après des facteurs exceptionnels au troisième trimestre qui expliquaient la contraction de 0,2% de l’économie allemande. Le dirigeant s’est aussi montré confiant au sujet d’une remontée progressive de l’inflation sous-jacente. Dans la logique des «minutes» publiées le 22 novembre, la BCE n’aurait donc pas de raison de modifier sa course, qui prévoit l’arrêt des achats d’actifs en décembre 2018 et une première hausse des taux après l’été 2019.
Peter Praet, l’économiste en chef de la BCE, a apporté une note un peu plus pessimiste lundi. «Des facteurs liés au protectionnisme, à la volatilité des marchés financiers et aux vulnérabilités des marchés émergents créent des vents de face qui sont de plus en plus perceptibles», a-t-il expliqué lors d’une conférence, tout en rappelant que les enquêtes d’activité restent au-dessus de leur moyenne historique et que la baisse des prix du pétrole devrait bénéficier à la demande intérieure.
Alors que Peter Praet a jugé nécessaire de donner lors de la réunion du 13 décembre de la BCE des précisions sur les réinvestissements du portefeuille d’actifs, un autre sujet préoccupe de manière croissante les investisseurs : la reconduction des TLTRO, ces injections de liquidités aux banques remboursables à partir de juin 2020 mais avec des effets sur les ratios de liquidités dès juin 2019. «Une TLTRO 3 serait un moyen efficace d’éviter un resserrement des conditions de crédit à une époque de risques macroéconomiques croissants», estimaient hier les économistes de Barclays, qui espèrent une annonce en ce sens dès décembre.
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