Macquarie réduit la voilure dans les infrastructures
Le contraste est évocateur. Pendant que BNY Mellon Asset Management lance un fonds spécialisé dans les secteurs bénéficiant du boom des infrastructures en Amérique latine, Macquarie Group remanie son activité dans les actifs d’infrastructures en Europe.
Dans la foulée de sa réorganisation annoncée début juillet, la banque australienne s’est séparée de 60 collaborateurs dédiés à cette activité. Celle-ci, nommée Macquarie Capital Funds, avait quitté le pôle de banque d’investissement et intégré le pôle de gestion Macquarie Funds Group. A cette occasion, elle a été rebaptisée Macquarie Infrastructures and Real Assets.
Son nouveau patron mondial Martin Stanley, basé à Londres, a expliqué hier au Financial Times que les départs – essentiellement les fonctions administratives – sont la conséquence de la réorganisation. «Les suppressions ne concernent pas les professionnels de l’investissement basés à Paris», affirme un proche de la direction en France. Il ajoute que «ces départs ne sont pas liés à une détérioration des résultats financiers».
Il n’empêche que le groupe financier australien a été fortement secoué par la crise financière. Concernant son pôle infrastructures, le Financial Times écrit que Macquarie avait dû clore prématurément la levée de son troisième fonds à 1,2 milliard d’euros – bien loin de l’objectif initial de 5 milliards.
Macquarie a réalisé de nombreuses transactions dans les infrastructures pendant les années de bulle financière. «On a assisté à une financiarisation excessive des transactions portant sur les infrastructures brownfield (existantes), qui pouvaient se traiter jusqu’à 40 fois l’Ebitda, car elles présentaient l’intérêt d’un rendement immédiat. Or, cette classe d’actifs est destinée aux investisseurs de long terme. L’atteinte des objectifs de rentabilité ne doit pas dépendre de la nécessité de céder avec une plus-value importante», commente un concurrent.
Macquarie va malgré tout lever un quatrième véhicule. Selon le quotidien britannique, l’équipe espère récolter entre 2 et 3 milliards, mais va réduire son taux de commissionnement de 1,5% à 1,25% afin d’attirer les investisseurs. Le groupe n’a pas souhaité commenter ces informations. La conjoncture, notamment dans les pays émergents, reste favorable pour les grands projets.
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