L’or est de nouveau attendu en hausse cette année
Après avoir accentué la chute du prix de l’or au deuxième semestre 2016 à la suite de son élection, Donald Trump pourrait l’aider à remonter cette année. D’après 26 analystes interrogés par Bloomberg, l’or pourrait ainsi gagner 12% en 2017, après une hausse de 9,1% sur les douze derniers mois, son premier gain depuis 2010, qui lui a permis de terminer l’année à 1.150 dollars l’once. Mais les prédictions des analystes sont très hétérogènes, certains anticipant une baisse du métal jaune sous les 1.000 dollars l’once si Trump parvient à augmenter les dépenses d’infrastructures et que la Réserve fédérale relève au moins trois fois son taux directeur. Cela pourrait accentuer la fuite des investisseurs des ETF investis dans l’or, qui a largement pesé sur son prix depuis l’élection. Les ETF ont ainsi réduit de plus de 10% leurs encours d’or physique sur cette période, d’environ 2.000 tonnes à moins de 1.800.
Le retour des valeurs refuge
A l’inverse, de nombreux risques politiques devraient raviver la valeur refuge au cours de cette année. Outre les nombreuses élections en Europe et le lancement des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’imprévisibilité des prises de position du nouveau président américain pourrait pousser les investisseurs vers l’or. «140 caractères d’un Trump non filtré risquent bien de créer des tensions avec les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis», opine Mark O’Byrne, directeur chez GoldCore, en faisant référence aux tweets postés directement par le président-élu. «Des marchés déjà secoués par les conséquences du Brexit, les élections à venir en Europe et le spectre grandissant d’une guerre électronique pourraient de nouveau voir un retour des valeurs refuge».
Un rebond du protectionnisme pourrait ainsi aider l’or dans les mois qui viennent, estiment les analystes de Commerzbank. Le scénario le plus positif pour le métal jaune apparaît ainsi en négatif, une déception vis-à-vis des résultats économiques obtenus par le changement de politique prôné par Donald Trump et un sursaut protectionniste global. «Nous ne serions pas surpris si l’or passait le seuil de 1.500 dollars si Donald Trump décevait» et s’il n’entretient pas de «bonnes relations» avec les autres grandes puissances, estime ainsi Naeem Aslam, analyste en chef chez ThinkMarkets.
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