L’optimisme règne pour les prévisions de résultats 2017 en Europe
Le calendrier politique est chargé cette année en Europe. Mais selon les analystes de Barclays, la performance des marchés boursiers dépendra davantage de l’évolution des bénéfices des sociétés. Ils relèvent que le rebond du chiffre d’affaires des entreprises européennes depuis le début de la décennie n’a pas entraîné d’amélioration de leur rentabilité opérationnelle ni de leur marge nette. La croissance des coûts unitaires du travail étant au plus bas depuis plus de quinze ans sur le Vieux Continent, cette divergence est principalement due à «l’incapacité de la plupart des sociétés européennes à imposer des hausses de prix» dans un contexte d’inflation particulièrement basse.
Une inflation en hausse de 2% dans les pays développés
La situation est d’autant plus frappante que les entreprises américaines sont de leur côté parvenues à faire croître leurs bénéfices par action bien au-delà du niveau atteint en 2007, point haut du précédent cycle (voir graphe ci-joint). L’activisme plus important en matière de rachats d’actions outre-Atlantique «explique seulement un quart de l’écart relatif de performance des bénéfices européens par rapport aux Etats-Unis», selon ces analystes. Etant donné le faible impact constaté des charges financières et du taux d’imposition, la hausse de 2% de l’inflation attendue cette année dans les pays développés «pourrait améliorer de près de 100 points de base (pb) le niveau des marges nettes en Europe», en concluent-ils.
En retenant par prudence une rentabilité nette en hausse de 50 pb combinée à une croissance de 3% des chiffres d’affaires agrégés, Barclays table dans un scénario médian sur une progression de 10% des bénéfices par action en Europe continentale comme au Royaume-Uni. Les principaux contributeurs à ce rebond devraient être les secteurs énergétique et bancaire, suivis des matériaux et des biens de consommation. Elle vise un indice paneuropéen Stoxx 600 à 400 points d’ici fin 2017, contre 365 actuellement, après une baisse effective de 1,2% en 2016.
Cet objectif suppose une stabilité des multiples de bénéfices par action (PER) à leur niveau actuel de 14 fois, en raison des incertitudes découlant des élections prévues aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. «Avec un multiple de 15 fois les bénéfices estimés pour l’année en cours, le potentiel de hausse du marché pourrait approcher les 18%», souligne la banque.
Une reprise économique jugée modeste et fragile
Les analystes de Citigroup prévoient de leur côté pour l’Europe, hors Royaume-Uni, «une croissance des bénéfices comprise entre 5 et 10% » reposant sur une reprise économique jugée «modeste et fragile» et sur un soutien persistant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Alors que la valorisation en termes de PER se semble pas bon marché, «elle apparaît raisonnablement attrayante sur le critère du rendement des dividendes, comparé au rendement des obligations d’Etat», soulignent-ils.
Les stratégistes de BoA Merrill Lynch ont relevé vendredi leurs prévisions de croissance des résultats des sociétés européennes à respectivement 11% pour 2017 et 8% pour 2018. Cette évolution devrait être favorisée par une croissance économique plus forte, un euro plus faible et la perspective d’une hausse des cours des matières premières. Ils anticipent en conséquence un indice Stoxx 600 à 390 points en fin d’année. «La forte hausse des marchés actions en fin d’année a fait que notre objectif 2017 a été atteint à la fin de 2016», écrivent-ils, ajoutant que les valorisations laissent peu de marge de manœuvre pour une nouvelle progression importante.
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