L’Opep+ ne cède pas aux appels d’augmentation de sa production
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+), notamment la Russie, ont décidé, lundi, malgré la pression de pays les plus consommateurs comme les Etats-Unis et l’Inde, de ne pas toucher à leur plan d’ajustement de la production. Celui-ci, fixé en juillet, consiste en l’ajout de 400.000 barils/jour (soir 0,4 million de barils/jour, mbj) chaque mois entre août et novembre, a rappelé le cartel dans son communiqué.
Les coupes volontaires de production de l’organisation et de ses alliés atteignaient alors 5,8 mbj, et doivent donc se situer aujourd’hui entre 5 et 4,6 mbj : l’Opep+ pourrait donc maintenir à peu près ce même rythme pour rétablir une pleine capacité de production seulement au printemps 2022.
L’offre mondiale actuelle est estimée autour de 97,5 mbj alors que la demande mondiale approcherait les 99 mbj (contre 100 à 102 avant crise et moins de 80 mbj en avril 2020).
Pressions inflationnistes
Le cours du Brent a grimpé à un niveau proche des 82 dollars/baril à l’annonce de la décision de l’Opep+, renvoyant les prix à des sommets de trois ans et ajoutant aux pressions inflationnistes déjà subies par l’économie mondiale.
Un haut responsable américain avait rencontré la semaine dernière le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman sur une série de questions liées à cette situation «préoccupante», et rappelé qu’un pétrole plus cher alimente l’inflation et menace la reprise de certaines économies, avec un risque pour la demande dans un second temps. En même temps, un cours du baril plus élevé peut attirer sur le marché de nouveaux concurrents, dont les gisements redeviennent rentables, et peut encourager les acheteurs à se tourner vers d’autres sources d'énergies, éventuellement plus propres.
Malgré tout, les ministres de l’Energie réunis dans l’Opep+ ont préféré jouer la prudence, notamment face à l’épidémie de coronavirus qui impose encore d’importantes restrictions dans certains pays. Il faut rappeler que certains d’entre eux (Nigeria, Angola ou encore Libye) ont du mal à remettre leurs pompes en marche au rythme normal, après plus d’un an d’extraction au ralenti.
Dans ce contexte, les prévisions de Goldman Sachs d’un pétrole entre 85 et 90 dollars/baril pourraient s’avérer réalistes.
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