Londres vise une équivalence améliorée pour sa finance
La City de Londres a dénoncé «un coup dur» pour la place financière britannique, après la publication ce jour du projet du gouvernement pour la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) après le Brexit. En contrepartie d’une union douanière pour les biens, Londres se résoudrait en effet à un régime d'équivalence, toutefois amélioré par rapport aux régimes existants, pour ses services, notamment financiers.
Dans son livre blanc sur le sujet, le gouvernement conservateur de Theresa May a proposé, pour les services financiers, «un nouvel arrangement» entre Londres et Bruxelles pour remplacer le système existant du «passeport financier» que l’exécutif britannique reconnaît ne «pouvoir reproduire» après le Brexit prévu fin mars 2019. Ce système du passeport financier permet aux banques, sociétés d’assurance ou gestionnaires d’actifs basés à Londres de proposer leurs services dans tous les pays de l’UE.
A la place, le gouvernement britannique propose de s’appuyer sur les «équivalences», des systèmes moins complets de reconnaissance au cas par cas entre l’UE et des pays tiers, tout en les améliorant pour les adapter à la réalité des liens financiers de part et d’autre de la Manche.
Pertes d’emploi
«Avec des liens plus distendus avec l’Europe, les secteurs financiers et associés seront moins à même de créer des emplois, de générer des impôts et de soutenir la croissance de l'économie. C’est aussi simple que ça», a fustigé Catherine McGuinness, représentante de la City of London Corporation. «Notre secteur a été clair depuis le référendum sur le Brexit: l'équivalence dans sa forme actuelle ne suffira pas, donc toute amélioration à ce régime devra être importante», a-t-elle prévenu.
L’industrie financière britannique emploie 2,2 millions de personnes, dont les deux tiers en dehors de Londres. Avant la publication de ce livre blanc, la Banque d’Angleterrea estimé que de 5.000 à 10.000 emplois financiers pourraient quitter le pays pour le continent européen à cause du Brexit.
Plus d'articles du même thème
-
La zone franche de Shanghai devient une place majeure de l’internationalisation du yuan
Alors que la Banque Populaire de Chine vient de prendre de nouvelles mesures pour favoriser l’utilisation du yuan à l’international, les échanges via Shanghai sont déjà en hausse et devraient permettre le rapprochement entre yuan onshore et offshore. -
Les économistes tentent de faire bouger les lignes des banques centrales
Le Forum de Sintra 2026 était organisé de manière à ne pas trop aborder les évolutions des politiques monétaires. Malgré cette volonté de la Banque centrale européenne (BCE) de rester discrète sur ce sujet, les débats en coulisses sont régulièrement revenus dessus. -
La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
L’étude économique de l’OCDE décrit un développement économique remarquable en trois décennies mais recommande des ajustements de fiscalité, davantage d’investissement dans l’éducation et un rééquilibrage territorial.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Les actions coréennes approchent du bear market
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon -
Paiement numériqueLes TPE face à l'IA : entre curiosité, pragmatisme... et prudence
Pour les TPE, la révolution numérique ne se fera pas à coups d'annonces spectaculaires, mais par l'adoption progressive de solutions capables de prouver, jour après jour, leur valeur ajoutée