L’OCDE est plus pessimiste pour 2024 avec une inflation persistante

L’institution a aussi revu en hausse sa prévision de croissance pour cette année grâce aux Etats-Unis mais elle estime que l’inflation risque de demeurer à un niveau élevé malgré son récent reflux.
OCDE
L'Organisation de coopération et de développement économiques a publié mardi ses dernières prévisions de croissance mondiale.  -  ©Bloomberg

La solidité inattendue de l'économie américaine va soutenir la dynamique de croissance mondiale cette année, mais le ralentissement observé en Chine pèse sur les perspectives pour l’an prochain, a déclaré mardi l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

«La croissance de l’économie mondiale a été plus vigoureuse que prévu au premier semestre de 2023, mais les perspectives sont peu encourageantes, l’inflation s’avérant persistante et les risques à la baisse étant considérables», relève-t-elle dans le communiqué de la dernière édition de ses «Perspectives économiques intermédiaires».

Après avoir crû de 3,3% l’an dernier, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait progresser de 3% cette année, selon les dernières prévisions de l’OCDE qui tablait auparavant sur une croissance de 2,7%. «Compte tenu de la matérialisation progressive des effets des politiques monétaires sur les économies et de la reprise plus faible que prévu observée en Chine, la croissance mondiale devrait s’établir à 3% en 2023 et à 2,7 % en 2024», explique l’institution, soit un niveau inférieur aux prévisions de juin pour l’année prochaine (+2,9%).

Croissance américaine

Les Etats-Unis devraient afficher une croissance économique de 2,2% cette année, estime l’OCDE, qui a nettement revu à la hausse sa prévision par rapport au 1,6% envisagé auparavant. Pour 2024, la croissance américaine est attendue à 1,3% contre 1% prévu en juin.

La solidité de l'économie des Etats-Unis permet de contrebalancer la faiblesse observée en Chine et en zone euro, notamment en Allemagne où une récession est attendue. L’OCDE prévoit une hausse de 5,1% du PIB chinois en 2023 et de 4,6% l’an prochain, contre des prévisions précédentes respectivement de 5,4% et de 5,1%.

L’organisme a aussi abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro, à 0,6% cette année contre 0,9% attendu précédemment, et à 1,1% pour 2024 contre 1,5% prévu en juin. L’Allemagne devrait enregistrer une contraction de 0,2% de son PIB cette année, avant un rebond à +0,9% en 2024. Pour la France, l’OCDE a relevé sa prévision de croissance pour 2023 à 1% mais l’a abaissée à 1,2% pour l’an prochain (contre +1,3% avant). L’institution prévoit par ailleurs une croissance toujours faible cette année au Royaume-Uni à +0,3% (inchangée par rapport aux précédentes projections) avant +0,8% en 2024, mais avec l’inflation la plus élevée (hors Argentine et Turquie) à 7,2% cette année avant 2,9% l’an prochain.

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L’inflation résiste

L’OCDE constate que si l’inflation globale a reculé à mesure que les prix de l’énergie et des produits alimentaires ont diminué, et devrait continuer sur cette tendance, elle reste supérieure aux objectifs retenus par les banques centrales dans de nombreux pays, tandis que l’inflation sous-jacente, alimentée par le secteur des services et par la situation encore relativement tendue des marchés du travail, demeure persistante. «L’inflation globale diminue, mais l’inflation sous-jacente résiste dans de nombreuses économies, du fait des tensions sur les coûts et des marges élevées dans certains secteurs», souligne-t-elle dans son rapport. L’inflation devrait baisser progressivement en 2023 et 2024, selon ses projections. Dans les économies du G20, l’inflation globale devrait tomber à 6% en 2023 et 4,8% en 2024, l’inflation sous-jacente passant de 4,3% cette année à 2,8% en 2024 dans les économies avancées du G20.

«Pour lutter contre l’inflation, l’OCDE recommande de conserver l’orientation restrictive des politiques monétaires jusqu’à ce que l’on observe des signes clairs de réduction durable des tensions inflationnistes, affirme l’institution. À mesure que les effets des relèvements de taux d’intérêt opérés se matérialiseront, les autorités monétaires de nombreux pays devront probablement maintenir les taux aux niveaux actuels ou à des niveaux proches de ceux-ci au cours de l’année 2024.» D’autant que l’inflation pourrait de nouveau s’avérer plus persistante que prévu, dans la mesure où les marchés de l’énergie et des produits alimentaires pourraient encore subir des perturbations, souligne l’OCDE. Les autres freins à la croissance mondiale sont la Chine et le niveau d’endettement élevé des Etats.

(Avec Reuters)

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