L’Irlande fait son retour sur le marché de la dette longue après deux ans de disette
Dans le sillage des propos volontaristes de Mario Draghi, c’est en Irlande que la météo de la crise de la dette a concrètement trouvé hier son petit coin de ciel bleu. Le pays a en effet procédé à ses premières émissions d’obligations de maturité longue depuis près de deux ans, à savoir depuis septembre 2010. Dublin a émis 4,2 milliards d’euros de titres nouveaux et échangé de la dette existante pour un milliard, adjugeant des titres à 5 et 8 ans à des rendements préétablis de 5,9 et 6,1%. De quoi entretenir l’espoir d’une sortie du plan d’aide internationale.
L’opération intervient trois semaines après le retour de l’Irlande sur le marché des capitaux lorsque le Trésor avait placé 500 millions d’euros de bons du Trésor à trois mois. Avant cela, Dublin était exclu de fait des marchés depuis l’octroi d’un plan d’aide de 85 milliards d’euros accordé par l’Union européenne et le FMI fin 2010. Lors du test le plus important depuis cette mise à l'écart, l’Irlande a lancé son deuxième échange de dette en six mois, tout en émettant, à la surprise générale, de nouveaux titres à cinq et huit ans.
L’agence de la dette irlandaise, la NTMA, a annoncé que les investisseurs ont pris 4,19 milliards d’euros de nouvelles obligations du Trésor 2017 et d’obligations 2020 existantes, alors que les détenteurs de papier arrivant à maturité en 2013 et 2014 ont échangé 1,04 milliard d’euros de leurs créances. «C’est un pas très important pour l’Irlande sur la voie de l’accès total au marché obligataire», s’est réjoui le directeur de la NTMA, John Corrigan. «A la suite de l’opération de ce jour, la NTMA a couvert une part significative des 8,2 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance en janvier 2014, qui étaient considérés jusqu'à présent comme un difficile «mur de la dette"», a-t-il souligné. Le ministre des Finances, Michael Noonan, a tenu à indiquer que l’essentiel de la demande était venu de l'étranger.
Le niveau de rendement consenti est certes supérieur aux 3% que l’Irlande paie au FMI et à l’Union européenne. Sur le marché secondaire, le rendement des obligations irlandaises à 10 ans évoluait hier à 6,27% lors la clôture des marchés, soit 100 points de base de moins qu’il y a un an.
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