L’IGF incite les collectivités à prendre leurs pertes sur les emprunts toxiques
Un rapport confidentiel de l’Inspection générale des finances (IGF) daté de juin 2012 et réalisé dans le cadre d’une mission qui lui a été confiée sur les enjeux liés aux actifs de Dexia SA et DCL que l’Etat est appelé à contre-garantir, indique que les collectivités locales ayant souscrit des emprunts toxiques ont plus intérêt à les neutraliser qu’à les réaménager. Avec une dette latente envers Dexia estimée à 6,7 milliards d’euros, le rapport conseille ainsi une «sortie définitive des risques les plus élevés», tout en reconnaissant que cette solution est «coûteuse».
D’autant que si elles doivent alors s’acquitter d’indemnités de remboursement anticipé (IRA), l’IGF estime que «la très grande majorité d’entre elles peut assumer le coût de neutralisation de leurs risques en réalisant un effort de moins de 3% en termes de diminution des dépenses de fonctionnement et d’augmentation en parallèle des impôts directs».
Sur les 327 collectivités étudiées au sein du portefeuille de Dexia qui pèsent 3,23 milliards d’encours et 3,44 milliards d’IRA, 35 d’entre elles (soit 11%) pourraient payer en une seule fois la totalité du montant des IRA uniquement avec leur excédent de fonctionnement. Un total de 111 (34%) peuvent payer une annuité sur 10 ou 20 ans à un taux de 6% pour refinancer les IRA en mobilisant uniquement leur excédent de fonctionnement, alors que 126 (38%) devraient diminuer de 3% leurs dépenses de fonctionnement et augmenter d’autant la fiscalité directe. Pour 48 seulement, il serait impossible d’assumer cette dépense, avec un effort d’économies nécessaire supérieur à 3%.
Pour les communes de moins de 10.000 habitants, l’IGF préconise «d’effacer les créances», ce qui représenterait un coût total limité de 20 millions par an, et dans des situations plus délicates d’insolvabilité révélée, la contre-garantie de l’Etat pourrait être complétée par une mobilisation des actifs de la collectivité. Une estimation qui aurait motivé la création d’un fonds de soutien de l’Etat de 50 millions d’euros annoncée par Pierre Moscovici le 8 novembre et destiné à soutenir les collectivités locales.
Enfin, l’IGF se montre défavorable aux actions en justice considérées comme «largement inutiles et coûteuses», considérant les emprunteurs comme redevables des sommes dues et que ne pas les régler «mettrait les collectivités en risque de voir les indemnités dues s’amplifier considérablement».
Plus d'articles du même thème
-
Alstom saisit le marché avec une nouvelle alerte rouge
Le groupe de matériel ferroviaire révise à la baisse l’ensemble de ses indicateurs commerciaux et financiers pour son exercice 2026-2027. Il brûlera 1,5 milliard d’euros de cash cette année, de quoi nourrir le doute sur un nouveau besoin en capital. Face à cet avertissement massif, l’action plonge de 26%. -
PARTENARIATActions cotées et non cotées : la nouvelle donne
Le point de vue de Natixis Investment Managers -
Règlementation crypto : l'AMF siffle la fin de la tolérance pour les ex-PSAN
L'Autorité des marchés financiers a une quinzaine de dossiers MiCA en cours d'instruction. La moitié sont des anciens PSAN : pendant cette période, ils sont censés arrêter leurs activités. Certains entretiennent un flou qui énerve dans l'écosystème. Du côté des acteurs n'ayant pas eu l'agrément, leurs plans de cessation doivent aussi se terminer. L'AMF indique que la phase de tolérance est achevée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
TartuffesNégociations commerciales : la grande distribution lance le concours de mauvaise foi
Les postures des protagonistes de la chaîne alimentaire se raidissent dans un système paupérisé et à bout de souffle -
Tribune libre« Sous la présidence de David Lisnard, l’AMF a beaucoup agi pour les libertés locales »
Dans une tribune à l'Opinion, 56 maires apportent leur soutien à la candidature à la présidence de l'Association des maires de France (AMF) de David Lisnard, par ailleurs candidat à la présidentielle -
LibertésElections aux Etats-Unis : pour les Européens, rien ne changera
L’Amérique de Trump n’est pas isolationniste, elle ne veut pas non plus incarner une exemplarité morale, mais elle veut imposer la puissance de l’Occident