L’ex-trader d’UBS est condamné à sept ans de prison pour fraude

Les agissements de Kweku Adoboli, reconnu coupable de deux chefs d’accusation de fraude, s'étaient soldés par une perte de 1,8 milliard d’euros
Antoine Duroyon

A l’issue d’un procès d’un peu plus de deux mois, l’ancien trader d’UBS, Kweku Adoboli, a été condamné à une peine de sept ans d’emprisonnement. Un jury du tribunal londonien de Southwark l’a reconnu coupable de deux chefs d’accusation de fraude par abus de position. Ses prises de position dissimulées entre 2008 et 2011 ont entraîné une perte de 1,5 milliard de livres.

Il a en revanche été acquitté des quatre autres chefs d’accusation de faux en écriture, l’accusation n’ayant pas pu établir une volonté d’enrichissement personnel. Kweku Adoboli plaidait non coupable.

Par bien des aspects, le parcours et la personnalité de Kweku Adoboli rappellent ceux de Jérôme Kerviel. Diplômé de l’université (Nottingham), il entre dans l’univers de la banque d’investissement par la petite porte. Chez UBS, il est affecté à son arrivée en 2003 au back-office, pour un salaire relativement modeste (33.000 livres par an plus un bonus de 7.500 livres). Mais il gravit rapidement les échelons et sept ans plus tard, il est considéré comme un trader senior d’exception au sein du desk Delta One. Son salaire annuel avoisine alors 110.000 livres et son bonus 250.000 livres.

Décrit comme un travailleur acharné et ambitieux, son élan est stoppé net en septembre 2011. «Derrière cette façade se tenait un trader totalement hors de contrôle qui exposait UBS à des risques financiers considérables de manière quotidienne», a souligné la police. Les enquêteurs mettent alors au jour le «compte parapluie», à partir duquel Kweku Adoboli passait ses opérations frauduleuses, ainsi que les contreparties fictives.

Devant le tribunal, Kweku Adoboli a soutenu que ses supérieurs ne pouvaient pas ne pas être au courant de ses agissements. «On nous disait d’y aller, on y allait. On nous disait de repousser les limites, donc nous repoussions les limites. On nous disait : «tu ne sauras pas où est la limite avant que l’on ne te tape sur les doigts"», a-t-il raconté devant le tribunal. «Nous avons trouvé la limite, nous sommes arrivés au bord, nous sommes tombés et j’ai été arrêté», a-t-il ajouté.

Compte tenu de l’année déjà passée en détention préventive, Kweku Adoboli peut espérer une libération avec mise à l’épreuve dans deux ans et demi.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...