L’Eurogroupe planchera lundi sur la restructuration de la dette grecque
Les ministres des Finances de la zone euro pourraient franchir une étape importante vers une nouvelle tranche d’aide, permettant au FMI de revenir et à Athènes d’affronter les échéances de juillet.
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Florence Autret, à Bruxelles
Jeroen Dijsselbloem le président de l’Eurogroupe, qui se réunira le 22 mai.
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Photo UE European Council.
L’enjeu de l’Eurogroupe de lundi sera de valider les «actions prioritaires» promises par le gouvernement Tsipras et soumises jeudi soir au parlement grec, alors que le climat social se détériore à nouveau à Athènes. Ces mesures sont une condition sine qua none à un engagement des Européens sur un nouvel allègement de la dette après la fin du programme en 2018, lequel pourrait permettre le retour du FMI dans le programme et, finalement, l’approbation par les parlements nationaux concernés, notamment le Bundestag, d’un déboursement.
Les représentants des créanciers doivent établir pendant le weekend un «rapport de mise en œuvre». «S’il conclut positivement, cela ne peut être qu’à titre provisoire car il y a des centaines de pages à traduire, mais il pourrait alors y avoir un accord sur les mesures de dettes», a expliqué cette semaine une source européenne. «Il y a plus de 50% de chances pour qu’ils concluent positivement», estimait mercredi une autre.
Une des questions en suspens réside dans le degré de précision que les ministres pourraient apporter aux mesures de réduction de dette, dont les modalités avaient été explicitées en mai 2016 par l’Eurogroupe. «Plus elles seront précises, plus il sera facile de refaire une analyse de soutenabilité de la dette», sur la base de laquelle le FMI décidera ou non de revenir dans le programme.
«Il n’y a pas encore suffisamment de clarté, mais j’espère que les partenaires européens vont progresser à ce sujet», avait estimé un porte-parole du Fonds à la veille de la réunion des ministres du G7 Finance à Bari la semaine dernière. Le ministre des Finances allemand s’était dit, lui, «confiant» dans le fait qu’une solution «politique» serait trouvée le 22 mai, assurant que les Européens «travaillaient» sur la base de la déclaration de mai 2016 précisant les modalités de réduction de la dette.
«Lundi, nous serons à huit semaines avant la proche tombée obligataire importante. Ce calendrier fonctionne», a estimé une source européenne cette semaine. Et d’ajouter : «la participation du FMI est essentielle…. (mais) il n’y a absolument aucune obligation qu’il participe au déboursement», a ajouté cette source, soulignant que le Fonds pouvait prendre sa décision «extrêmement rapidement».
Les nouvelles tensions au Moyen-Orient ont fait remonter les cours des énergies fossiles lundi, de plus de 2% pour le pétrole et de près de 4,6% pour le gaz naturel européen TTF, qui supplante ainsi l’or noir comme risque inflationniste en Europe à l’approche de l’hiver. A moins que des prix ainsi trop élevés ne finissent par éliminer la concurrence asiatique sur la demande.
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