L’Etat préfère promouvoir la BPI face au repli du capital-risque
Le premier forum du «capital-innovation», le nouveau nom moins anxiogène du capital-risque, n’aura pas calmé les inquiétudes des acteurs du financement en fonds propres des PME. Les gestionnaires de fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et de fonds d’investissement de proximité (FIP) ont seulement collecté 646 millions d’euros en France l’an dernier, selon les chiffres dévoilés hier par l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) et l’Association française de la gestion financière (AFG). Soit un recul de 15% sur un an et de 45% par rapport à 2008. Tous les indicateurs ont reculé: le nombre de sociétés de gestion, de nouveaux véhicules, de souscripteurs et le montant moyen de leur investissement.
«Une grande partie des fonds ont levé moins de 5 millions d’euros», s’est alarmé Pierre Bollon, directeur général délégué de l’AFG. «Il y a un danger de disparition d’équipes de capital-investissement en France», a renchéri Louis Godron, président de l’Afic qui souhaite une plus grande implication des investisseurs institutionnels.
Après les coups de rabot successifs aux avantages fiscaux de leurs clients, «les FIP et FCPI sont pérennisés pour cinq ans et soumis au plafonnement des niches fiscales» de 10.000 euros par foyer, s’est contentée de rappeler Fleur Pellerin, la ministre déléguée des PME, de l’innovation et de l’économique numérique, invitée de l’événement.
Après le Pacte de compétitivité de l’automne dernier, elle mise sur la Banque publique d’investissement (BPI) pour «supprimer ou alléger les verrous de financement» des start-up. Outre les nouveaux produits dévoilés mardi (préfinancement du crédit impôt recherche et prêts pour l’innovation), la ministre a rappelé la création d’un «fonds multisectoriel de 590 millions d’euros issu du redéploiement des investissements d’avenir».
Ce dispositif de financement en fonds propres fait partie de la réorientation de l’ex-grand emprunt, tout comme un fonds de soutien à l’innovation de rupture doté de 150 milions. Ce dernier sera bientôt lancé, a affirmé Fleur Pellerin sans donner plus de détails. La ministre a également prôné «un système boursier enfin efficace pour les PME» et indiqué qu’«un nouveau produit d’épargne de type PEA-PME est bel et bien sur les rails». Ce dernier répond aux attentes des gestionnaires mais l’AFG le réclame, en vain, depuis 2011.
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