L’Espagne inaugure son nouveau marché obligataire destiné aux PME
C’est l’entreprise de construction galicienne Copasa qui a ouvert cette semaine le bal sur le nouveau Marché alternatif de revenus fixes (MARF), une Bourse de titres de créances, où les PME espagnoles pourront se financer par obligations. Pour cette émission inaugurale, le promoteur a réussi à placer 50 millions d’euros à 5 ans avec un coupon de 7,5%.
Selon Adolfo Estevez, directeur de l’agence espagnole de rating Axesor, cette nouvelle formule créée en juillet dernier par le gouvernement en réponse à la sécheresse du crédit bancaire va «encourager les autres PME à se financer en émettant des titres de créances». Présentée le 7 octobre par Luis de Guindos, le ministre de l’Economie et Antonio Zodio, le président de la Bourse de Madrid (BME), cette initiative est une «conséquence du MoU qu’a signé l’Espagne avec l’Union européenne lors du sauvetage de son secteur bancaire afin de donner aux PME une alternative aux crédits bancaires», explique une source du secteur.
«Avec la crise, les PME, qui traditionnellement avaient recours aux prêts syndiqués des banques, ont désormais plus de difficultés à se financer car les banques sont actuellement en processus de désendettement, se préparent aux prochains tests de résistance et aux conditions de Bâle 3», rappelle Adolfo Estevez. Il estime que grâce au Marf, ces entreprises auront accès aux marchés de capitaux plus facilement et à moindre coût que si elles émettaient sur les marchés obligataires classiques.
«Le Marf permettra aux PME espagnoles d’être plus connues sur les marchés financiers. De plus, elles seront amenées à faire une analyse de leur réalité financière et de leurs objectifs, ce qui les obligera à avoir plus de discipline dans leurs comptes», souligne une source financière.
La Bourse demande aux PME d’avoir le statut de société anonyme, d’avoir fait auditer leurs comptes sur les deux dernières années par un conseiller enregistré au Marf et d’être notées par une agence. Une fois ces conditions remplies, les PME peuvent vendre leurs obligations à des investisseurs institutionnels ou professionnels tels que les compagnies d’assurance. L’investissement minimum est de 100.000 euros. Pour développer ce marché, le gouvernement a assoupli les règles d’investissement des institutionnels, et octroyé aux banques une ligne temporaire de crédit d’un milliards d’euros octroyé par le biais de l’Institut de Crédit Officiel.
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