Les Vingt-Huit s’arment pour éviter les transferts de base fiscale
La proposition de la Commission européenne delimiter la concurrence fiscale entre Etats pourrait bientôt recevoir l’aval des ministres des finances. La présidence néerlandaise de l’Union européenne travaille en effet, selon nos informations, sur un projet de compromis très avancé ayant «des chances réelles» d’être adopté lors du prochain Conseil Ecofin le 25 mai.
Les négociations portent en particulier sur l’automaticité de ces mesures, plusieurs Etats membres demandant un test de substance pour laisser aux entreprises la possibilité de justifier de la location de la base taxable. Ainsi du Royaume Uni au sujet de la règle SEC (sociétés étrangères contrôlées dont le bénéfice doit être taxé dans le pays de la société exerçant le contrôle s’il est peu ou pas taxé à l’étranger). «Cela mérite d’être discuté, pour le moins, quand on sait qu’en France, le Conseil d’Etat a estimé que cette clause était indispensable pour assurer la constitutionnalité du régime des SEC», estime Daniel Gutmann, avocat associé chez CMS Francis Lefebvre.
Plusieurs pays s’inquiètent aussi de la clause anti-abus générale permettant à un Etat d’ignorer des montages fiscaux dès lors qu’ils «n’ont pas été mis en place pour des raisons commerciales valides reflétant la réalité économique». Une formulation «si générale qu’elle introduit une grande insécurité juridique», relève Daniel Gutmann, pour qui la directive ATAD serait «une mini révolution juridique» en France concernant la clause dite de ‘switch-over’.
Celle-ci vise à limiter l’exonération des profits des filiales et succursales situés dans des pays tiers où le taux d’imposition est inférieur de 40% au moins à celle du pays de la maison-mère. Actuellement, les dividendes reçus des filiales étrangères ou les profits des succursales étrangères sont exonérés, sauf s’ils proviennent de juridictions non coopératives. Elle introduirait aussi un changement majeur dans la limitation de déductibilité des intérêts qui se ferait en pourcentage de l’Ebitda (30%) et non plus en appliquant un simple ‘haircut’ comme aujourd’hui.
La directive ATAD (anti tax avoidance directive), présentée le 28 janvier par la Commission, prévoit aussi une taxation des plus-values latentes «à la sortie» en cas de transfert de siège ou d’actifs et le contrôle des montages hybrides visant une double non-imposition. Elle doit être adoptée à l’unanimité des Vingt-Huit.
Plus d'articles du même thème
-
Les socialistes plaident pour une contribution sociale généralisée sur les héritages « très élevés»
Cette taxe, qui sera soutenue par les élus de gauche lors des prochains débats budgétaires, viendrait s’ajouter au barème progressif des droits de succession en vigueur. -
Le gouvernement mise sur la régularisation fiscale pour accroître les recettes
Après une première expérience sous François Hollande, le gouvernement envisage de renouer avec le dispositif de régularisation des contribuables repentis. -
Matignon veut accélérer les transmissions familiales de patrimoine
Une note « Transmissions 2027 » prévoit plusieurs mesures pour favoriser une circulation plus rapide du patrimoine entre générations.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
DésavoeuAllemagne : malgré de nouveaux revers électoraux, Merz persiste et signe sur les réformes
La CDU a pris le bouillon en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et pourrait perdre la mairie de Berlin -
EditorialL'autodestruction de France Inter
Il devient limpide que, inspirée par la gauche radicale, France Inter pratique un pluralisme de pacotille, triant de son propre chef entre adversaires légitimes ou à excommunier, au nom de la lutte antifasciste -
Face à faceUn nouveau duel entre Gabriel Attal et Marion Maréchal
L'eurodéputée, de nouveau proche de Marine Le Pen, et le candidat du parti Renaissance, ont débattu pour la première fois ce dimanche après-midi