- Marchés obligataires
- Tribune
Les titres liés à des assurances sont une bonne arme anti-volatilité
Nous vivons une période de volatilité extrême et de hausse des rendements des obligations d'État mondiales. Dans ce contexte, il est intéressant de considérer les avantages potentiels des titres liés à l’assurance (insurance-linked securities), dont la partie la plus connue sont les obligations catastrophes (catbonds), généralement d’une durée de vie de trois à cinq ans. Mais il existe aussi un large éventail de contrats de titres conclus de gré à gré, dont la durée de vie est plus courte et qui permettent de s’exposer à un éventail plus large de risques d’assurance.
Les insurance-linked securities viennent de connaître deux années exceptionnelles. L’indice Swiss Re Global Cat Bond a augmenté de 17,3 % en 2024 et de 19,7 % en 2023. Deux records à première vue aberrants. Toutefois, depuis le lancement de l’indice en 2002, les cat bonds ont généré une performance globale qui a battu toutes les classes d’actifs, à l’exception des actions mondiales. Fondamentalement, la classe d’actifs a donc généré des rendements équivalents à des investissements qui impliquent des niveaux de volatilité plus élevés.
Les rendements élevés des deux dernières années ont été obtenus après une baisse de 2,2 % en 2022, première année négative dans l’histoire de la classe d’actifs. Le rebond qui s’est produit depuis met en lumière un autre aspect de la classe d’actifs : sa reprise après des moments de déclin, qui est souvent rapide et vigoureuse, reflète la nature du marché de la réassurance qui la sous-tend.
Décorrélation
Mais les rendements potentiels des titres liés à l’assurance ne sont pas le principal attrait de la classe d’actifs : les rendements ne sont pas corrélés aux marchés financiers au sens large. Les titres liés à l’assurance sont uniquement exposés aux risques naturels, souvent liés aux conditions météorologiques, et ne sont donc pas affectés par les événements géopolitiques, les fluctuations économiques ou les changements de sentiment sur les marchés financiers en général.
Les obligations catastrophes ont dégagé un rendement positif lorsque le monde financier s’effondrait pendant la grande crise financière de 2008, tandis qu’en 2020, la classe d’actifs était presque entièrement épargnée par la pandémie. Même en 2022, les pertes étaient bien inférieures à celles observées sur les marchés des actions et des titres à revenu fixe.
Rendement et volatilité annualisés depuis janvier 1997
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne peuvent être répétées. Source : Schroders, LSEG Datastream, ICE Data Indices : Schroders, LSEG Datastream, ICE Data Indices, J.P. Morgan, Credit Suisse. Données au 30 novembre 2024. Tous les chiffres de rendement et de volatilité sont indiqués comme étant couverts en USD, à l’exception de l’EMD Local et du MSCI World, qui sont des rendements non couverts en dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Le repli de l’inflation aux Etats-Unis renforce le statu quo de la Fed
L’inflation a faibli en juillet pour le deuxième mois consécutif à 3,4%. La composante sous-jacente diminue également à 2,5%. Des chiffres bien accueillis par les marchés qui renforcent l’idée d’un maintien des taux par la Fed en septembre. -
Le marché est partagé sur la prochaine décision de la Fed
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi. -
Les géants de la tech se ruent à nouveau sur les marchés
Après Alphabet sur le marché obligataire, Intel a bouclé une levée de 20 milliards de dollars à Wall Street. Ils ont tous deux profité d’une fenêtre de marché favorable après la correction de juillet. Nvidia a annoncé un accord de 500 milliards avec plusieurs fonds.
ETF à la Une
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Contenu de nos partenaires
-
EngrenageAu Yémen, la dangereuse escalade qui menace le détroit de Bab el-Mandeb
Le conflit entre Houthis et forces gouvernementales yéménites s'est réveillé, faisant peser le risque de nouvelles attaques contre les navires empruntant le passage stratégique -
Croyants ou pas, Washington veut des alliés qui défendent le christianisme en Europe
L'administration Trump estime que l'Europe a tourné le dos à l'héritage occidental chrétien. Elle aimerait la ramener sur la bonne voie -
Ainsi soient-ilsAttal, Philippe, Retailleau... et Dieu
Pour la première fois sous la Ve République, la droite et le centre pourraient être représentés à la présidentielle par un non-croyant. Si Bruno Retailleau est un catholique fervent, Edouard Philippe et Gabriel Attal entretiennent une relation distante avec la religion