Les tensions géopolitiques renforcent l’aversion au risque
(Mise à jour à 11H34) Les principales Bourses et les taux d’intérêt sont de nouveau malmenés, ce mardi matin en Europe, les foyers d’instabilité géopolitique se multipliant un peu partout dans le monde, entre la Chine et Hong Kong, le Japon et la Corée, en Argentine, en Italie, sans oublier les crispations commerciales internationales et l'échéance du Brexit qui se rapproche dans un flou complet.
Face à ces multiples sources d’inquiétude, l’aversion au risque semble gagner les investisseurs déjà préoccupés par le ralentissement de la croissance mondiale. En Allemagne, le moral des investisseurs est tombé en août à son plus bas niveau depuis plus de sept ans et demi, une dégradation bien plus marquée qu’attendu dans un contexte dominé par les tensions commerciales et la détérioration des perspectives de croissance, montre mardi l’enquête mensuelle de l’institut ZEW.
À Paris, le CAC 40 perdait 0,35% à 5.291,88 points dans les premiers échanges après avoir enregistré deux séances consécutives de repli. À Francfort, le Dax cèdait 0,39% et à Londres, le FTSE 100 reculait de 0,16%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 s’inscrivait en baisse de 0,2%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,35% et le Stoxx 600 de 0,35%.
«Les intervenants sur les marchés semblent devoir affronter des vents contraires dans toutes les directions», résume Naeem Aslam, analyste de ThinkMarket, qui note entre autres que «la probabilité de voir l'économie américaine entrer en récession n’est plus une question de long terme».
«Malgré un premier semestre 2019 globalement positif, les investisseurs mondiaux devront composer avec des performances médiocres au cours des six à douze prochains mois d’après le sondage de Natixis Midyear Strategist», écrivent les analystes de Natixis investment managers dans une note publiée ce mardi.
De leur côté, les rendements obligataires de référence restent orientés à la baisse, avec un recul de plus d’un point de base pour le dix ans allemand à -0,618% après un nouveau plus bas historique à -0,619%. Le dix ans français est repassé sous -0,3%. Ce mouvement marqué favorise un reflux des rendements italiens mais l'écart de rendements à dix ans entre les titres italiens et allemands reste proche de 230 points de base.
L’inflation en Allemagne a été confirmée à 0,4% en juillet, soit 1,1% sur un an aux normes européennes IPCH.
Sur le marché américain, le rendement à 30 ans a touché, en séance lundi, son plus bas niveau depuis juillet 2016 à 2,119% et le dix ans est revenu sous 1,65% contre 1,734% vendredi. Le marché obligataire américain attend notamment les chiffres mensuels des prix à la consommation aux Etats-Unis en juillet, en milieu de journée.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an. -
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
La tentation des indicateurs d'inflation « robustes »
Les indicateurs d'inflation dits «robustes» filtrent les variations extrêmes mais peuvent ne prendre en compte que la moitié du panier de consommation. Ces mesures ont historiquement retardé la détection des phases d’accélération inflationniste.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries