Les taux français se détendent et les banques rebondissent en Bourse
L’effet dissolution commence, lentement, à se dissiper sur les marchés français. Secoué par l’annonce surprise de nouvelles élections législatives fin juin-début juillet, le taux d’emprunt à dix ans de l’Etat français (OAT) avait rebondi de 22 points de base (pb) entre lundi matin et mardi après-midi, grimpant jusqu’à un plus haut depuis novembre 2023, à 3,335%.
Depuis quelques heures, il commence toutefois à se replier. Mercredi en fin de matinée, le rendement de l’OAT 10 ans pointait à 3,23%. L’augmentation de l’écart avec le taux allemand, le Bund à 10 ans, ne s’est en revanche pas résorbée. Le «spread» atteint toujours 63 pb, contre moins de 50 pb avant l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron.
Malmenés par cette décision du président de la République française, les marchés actions européens reprennent également des couleurs ce mercredi matin. Après avoir abandonné 1% en deux jours, le Dax allemand avançait de 0,5% en milieu de matinée et l’Euro Stoxx 50 gagnait 0,45% après un repli de 1,7%.
Le CAC 40, de loin le plus pénalisé, avançait de 0,3%. Il avait chuté de plus de 2,6% entre lundi et mardi, inscrivant au passage un plus bas depuis le 20 février dernier à 7.759,8 points.
A lire aussi : Les marchés réévaluent le risque politique français
Les banques tentent un rebond
Les valeurs bancaires ont été particulièrement sanctionnées : l’action Société Générale a plongé de 12% en deux jours, celle de BNP Paribas a abandonné 8,5% et le titre Crédit Agricole SA a perdu 7,3%. Après cette sévère correction, le secteur reprend toutefois quelques couleurs ce 12 juin.
Il profite notamment d’une note favorable des analystes de Jefferies qui voient «dans la chute due aux élections une opportunité». Ils la jugent «exagérée» et considèrent que les profits des banques françaises devraient être portés par des hausses de revenus. Sur ce point, les spécialistes de la banque américaine estiment que le consensus est trop pessimiste et anticipent des bénéfices supérieurs de 11% aux attentes moyennes de leurs confrères.
Jefferies recommande d’acheter les trois banques françaises. Le courtier place même Crédit Agricole SA dans sa sélection de valeurs préférées du secteur et relève massivement son objectif de cours sur l’action, de 13,4 à 21,6 euros. Il augmente également ses cibles pour BNP Paribas, de 88 à 95,6 euros, et pour la Société Générale, de 31 à 45,9 euros.
A la Bourse de Paris, les titres Crédit Agricole, BNP Paribas et Société Générale grimpaient de 2,3%, 1,3% et 0,2% respectivement mercredi dans la matinée.
(Avec Agefi-Dow Jones)
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds souverain norvégien propose de réduire son exposition aux emprunts d'Etat
Le gestionnaire du plus grand fonds souverain du monde recommande de revoir la composition de son indice obligataire et écarte tout plafond sur la détention de capital dans son portefeuille actions. -
Les mauvaises récoltes et la géopolitique tendent le marché des céréales
Alors que la situation en mer Noire est devenue bloquante pour ces marchés, un commentaire de Vladimir Poutine a permis un relâchement des cours de 3% jeudi. Cela n’enlève rien aux mauvaises récoltes constatées sur le blé et celles anticipées sur le maïs. -
Revolut franchit une étape supplémentaire pour sa licence bancaire américaine
La fintech a obtenu une autorisation conditionnelle du bureau du contrôleur de la monnaie des Etats-Unis. Elle devra cependant obtenir encore plusieurs autorisations pour pouvoir lancer sa banque aux Etats-Unis en 2027.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Qonto fait le ménage dans ses comptes clients en pleine demande de licence bancaire
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
Contenu de nos partenaires
-
100 000 suppressions de postes en cinq ans : le plan de restructuration historique de Volkswagen
Le géant allemand engage une cure d’austérité inédite pour contrer la concurrence chinoise et la crise européenne du secteur automobile. Il parie sur une profonde transformation industrielle et stratégique d’ici à 2030 -
Maître des horloges ?Le compte à rebours judiciaire est relancé pour Marine Le Pen
Où en est son pourvoi en cassation ? Peut-elle avoir à porter un bracelet électronique en fin de campagne ? L’Opinion fait le point -
BackMidterms : Donald Trump entre enfin en campagne
Après avoir feint l'indifférence, le président a annoncé qu'il s'engagerait davantage dans la campagne pour les élections de mi-mandat, en prévoyant des meetings et une grande convention républicaine la semaine prochaine. Mais certains républicains en danger préféreraient qu'il garde ses distances