Les taux d’intérêts bas font converger épargne et investissement
La situation peut sembler ironique. Alors que les incertitudes soufflent un vent de méfiance sur l’activité économique, taux de l’épargne mondiale et taux d’investissement se resserrent de plus en plus. L’excès mondial d’épargne, mesuré par l’écart entre les deux taux, est en effet estimé à 0,1% pour l’année 2020 alors qu’il était encore autour des 0,5% en 2018. Si l’on pourrait y voir le fruit d’un réajustement des flux entre épargne et investissement rendu possible par des taux d’intérêts en baisse, c’est aussi du côté de l’épargne publique qu’il faut aller chercher les raisons de cette diminution.
Dans une note intitulée «Vers une disparition de l’excès mondial d’épargne ?», les économistes d’Aurel bgc soulignent que la baisse des taux d’intérêts, justifiée par une épargne supérieure aux investissements, pourrait contribuer à soutenir la tendance. Toutefois, au vu de l’endettement des ménages et de la baisse des rendements productifs de l’épargne incitant à épargner plus pour avoir autant, l’investissement est encore poussif. Pourtant, il s’est tout de même redressé, notamment sous l’effet de la dépense publique : «ce mouvement pourrait résulter en partie de la diminution de l’intensité des ajustements budgétaires en Europe, voire en 2018 du creusement important du déficit fédéral américain.» Ce creusement joue aussi sur le taux de l’épargne mondiale qui est attendu en baisse en 2020. Les mouvements de désépargne publique, notamment en Europe, expliquent l’évolution.
Mais alors, ce rééquilibrage ne devrait-il pas faire baisser les taux d’intérêts ? Non, à en croire les économistes d’Aurel bgc qui soulignent que cela ne s’est pas vu dans le passé. Par ailleurs, «si l’on fait abstraction de la volatilité de l’inflation, ils (les taux d’intérêts) suivent en effet la même pente que les taux nominaux depuis 35 ans», eux-mêmes en chute libre. Seule une hausse tendancielle de l’inflation et «une réelle amélioration des perspectives globales» pourraient faire remonter les rendements obligataires. Peu probable à l’heure actuelle d’autant plus que «l’amélioration du climat économique passe par la dissipation de l’incertitude générée par la politique commerciale impulsée par Trump (…) alors que les causes de la faiblesse de l’inflation sont en partie structurelles».
Plus d'articles du même thème
-
La Faider change de nom et devient France épargne
La structure entend peser sur les débats à l'approche de l’élection présidentielle de 2027 et auprès des instances européennes. -
Les superviseurs durcissent le ton vis-à-vis des produits structurés
Le pôle AMF-ACPR épingle la complexité et les frais opaques des produits structurés distribués depuis 2023, pointant des performances inférieures aux marchés et à la gestion passive. Une analyse qui contraste avec les résultats de son premier rapport en janvier dernier. -
Eres Gestion lance trois nouveaux FCPE
L’acteur spécialisé dans l’épargne salariale et l’épargne retraite élargit son catalogue avec trois nouvelles solutions, dont une en partenariat avec Eurazeo.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire -
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes