Les stratégies des investisseurs modifieront le paysage du private equity
L’année 2009 a été celle des remises en cause pour les investisseurs institutionnels dans le private equity (limited partners, LP). Le gel des transactions et la chute des rendements de cette classe d’actifs ont fait basculer le rapport de force en leur faveur: ils en profitent pour tenter d’imposer leurs exigences aux équipes de gestion (davantage de transparence, moins de frais…).
Le timide mais indéniable redémarrage des transactions depuis novembre 2009 n’a pas bouleversé cette donne. D’autant moins que de nombreuses interrogations subsistent sur la classe d’actifs, concernant les nombreuses réglementations en cours de discussion (directive AIFM, Solvabilité II pour l’assurance européenne, la réforme Volcker aux Etats-Unis), mais aussi les futures règles comptables internationales sur la «valeur de marché» (fair value), utilisées pour calculer la valeur des portefeuilles de private equity.
Face à ces interrogations, les institutionnels n’ont toutefois pas renoncé à investir dans cette classe d’actifs. Selon la nouvelle étude menée par Duff & Phelps, près de 22% des LP interrogés ont l’intention d’accroître d’au moins 25% leurs engagements en 2010 par rapport à 2009 (où ils étaient certes limités), tandis que seuls 10% entendent les réduire.
Les cartes risquent néanmoins d’être rebattues. Selon Duff & Phelps, les équipes spécialisées sur les LBO d’une valeur supérieure au milliard d’euros devraient peiner à lever de nouveaux fonds: seuls 11% des LP envisagent d’accroître leur allocation à ce segment de marché. Les opérations de cette taille requièrent en effet des montages de dettes importants et complexes, que ni les banques, ni les marchés de crédit ne sont prêts à accepter pour l’instant.
En revanche, plus de 60% des sondés veulent confier davantage de capitaux aux fonds de LBO midcap et de capital-développement. Même le capital-risque (venture) profiterait du dédain envers les grands LBO, puisque 25% des LP veulent s’y consacrer davantage. En outre, ils devraient accroître la pression sur les fonds pour que ces derniers s’ouvrent plus franchement aux co-investissements dans les entreprises: 41% des LP entendent renforcer cette pratique, tandis que 31% sont prêts à s’y lancer.
Pour les investisseurs, les conséquences sont claires: 75% d’entre eux estiment que ce nouvel environnement va générer une phase de consolidation dans les firmes de private equity.
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