Les sénateurs souhaitent encadrer strictement le recours aux PPP
Des sénateurs défendent un encadrement strict de la signature par l’Etat ou les collectivités de contrats de partenariat, cette forme de partenariat public privé (PPP) souvent décriée. Cela fait dix ans que l’Etat ou les collectivités peuvent déroger aux règles de la commande publique en signant un contrat par lequel ils confient à une entreprise le financement d’une infrastructure, sa construction, son entretien, son exploitation etc.
Cette formule a été adoptée à 156 reprises entre 2004 et la mi-2012, ce qui représente 34 milliards d’euros hors taxe de contrats, selon l’Institut de la gestion déléguée.
Si les contrats de partenariat, apparemment simples, sont censés permettre de prévoir les coûts et de les étaler dans le temps, ils créent pour l’Etat et les collectivités des dépenses incompressibles pour des durées très longues, selon le rapport publié hier par les sénateurs de la commission des lois, Hugues Portelli (UMP) et Jean-Pierre Sueur (PS). Par ailleurs, ces contrats «se caractérisent par un manque de transparence, source de coûts souvent ignorés par les personnes publiques».
Les élus proposent donc de restreindre les critères de complexité et d’urgence qui permettent de recourir à un contrat de partenariat et suggèrent de supprimer le critère d’efficience économique qu’ils jugent trop large. Les sénateurs souhaitent aussi que les contrats ne puissent pas être utilisés pour certains services «trop évolutifs» d’un point de vue technologique ou réglementaire, comme les services hospitaliers, car ils risquent d’exiger la signature d’avenants coûteux.
Les élus souhaitent également que les contrats de partenariat soient réservés aux plus grosses opérations. Il s’agit d’éviter que les PME incapables de proposer d’offre globale puissent décrocher des commandes publiques. Se gardant de proposer un seuil, les sénateurs notent que les contrats signés par les collectivités étaient en moyenne de 62,3 millions d’euros entre 2004 et mi-2012. Ils proposent encore de réaliser une étude financière vraiment approfondie avant la signature d’un PPP ou d’exclure du champ du contrat le choix des architectes.
Ces propositions interviennent alors que le gouvernement espère être autorisé à prendre par ordonnance des mesures sur les «conditions de recours» aux contrats de partenariat, dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie des entreprises déposé fin juin à l’Assemblée.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose