Les réseaux d’experts au coeur de l’enquête sur les délits d’initiés à Wall Street
Wall Street retient son souffle. En attendant les résultats d’une enquête déjà présentée comme le plus grand scandale de délits d’initiés aux États-Unis, rumeurs et fuites continuent à jeter l’effroi depuis une dizaine de jours dans le monde discret des hedges funds américains. Officiellement, les autorités se refusent encore à donner le moindre détail. Interrogé à ce sujet lundi, le ministre de la Justice Eric Holder s’est contenté de déclarer que l’enquête se poursuivait et que l’affaire était “très sérieuse”.
Coté hedges funds, des dizaines d’entre eux auraient déjà reçu des demandes d’informations ou des injonctions à comparaître au Tribunal. Mais seuls trois fonds ont pour l’instant fait l’objet d’une perquisition, à savoir Level Global Investors, Loch Capital Management et Diamondback. Ce dernier, qui gère 4,4 milliards de dollars d’actifs, s’emploie à minimiser son rôle dans le scandale. Dans une lettre envoyée lundi à ses clients, le fond affirme que la visite effectué le 22 novembre par les enquêteurs du FBI et de la SEC à son siège social ne visait qu’un seul de ses gérants de portefeuille, et que celui-ci a été aussitôt mis à pied. Selon Diamondback, l’action des autorités serait essentiellement “focalisée sur l’activité des cabinets d’expertise financière”. Seraient particulièrement dans la ligne de mire la quarantaine de cabinets proposant à leurs clients une mise en relation avec des experts spécialisés sur des secteurs ou des entreprises dont ces experts sont aussi parfois les salariés.
Le leader de ce marché de l’information confidentielle s’appelle Gerson Lehrman avec près de 250.000 experts disponibles. Ses principaux concurrents s’appellent Guidepoint Global, Coleman Research Group ou Primary Insight. Pour le moment, seuls deux de ces experts ont été arrêtés : Don Chu du réseau d’experts Primary Global Research et le médecin français Yves Benhamou qui par l’intermédiaire de Guidepoint Global aurait vendu des informations confidentielles d’essais cliniques qu’il supervisait pour le compte du laboratoire Human Genome Science. Pour beaucoup d’observateurs à Wall Street, ces deux arrestations, préventivement précipitées de peur de voir les intéressés quitter le sol américain, sont les premières d’une longue série.
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