Les renégociations de prêts LBO confirment leur dynamisme en Europe
Les fonds de capital-investissement font le pied de grue chez leurs banquiers, mais pas forcément pour négocier de nouveaux crédits. Le marché européen du LBO reste pauvre en opérations primaires: le montant total des nouveaux financements est tombé à 2,3 milliards d’euros en octobre, soit le mois le plus faible de l’année après l’atonie d’août, selon les données de S&P LCD.
L’heure est plutôt à la renégociation de lignes de crédits existantes. «Les fonds opportunistes et les arrangeurs ne sont pas près de relâcher d’ici peu la pression sur leur coût de leur capital», pointe S&P LCD dans une note récente. Ce trimestre, sept prêts ont été refinancés pour un volume total de 1,24 milliard d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, «27 emprunteurs ont renégocié des crédits pour 6,94 milliards d’euros, soit davantage que l’addition des trois années précédentes », selon S&P LCD.
Les «sponsors» profitent de la baisse des taux et de l’appétit des investisseurs, y compris des fonds de CLO (collateralized loan obligations), pour la dette à haut rendement. Ils souhaitent obtenir des conditions plus intéressantes pour des lignes mises en place il y a quelques années… ou tout récemment. Dans le premier cas, ils souhaitent alléger la charge de la dette et /ou allonger la dette pour des sociétés achetées au plus haut de la bulle de 2007-2008, donc invendables à moins de casser les prix.
Dans le second, ils n’hésitent pas à rouvrir leur dossier de financement quelques mois à peine après l’avoir bouclé. C’est le cas d’Ista et Mediq, deux des plus gros LBO de l’année en Europe (lire le tableau).
Le spécialiste de l’énergie Ista (compteurs d’eau et d’électricité) a été racheté en avril par CPP Investment Board et CVC Capital Partners pour 3,1 milliards d’euros. Il y a quelques jours, le groupe allemand a obtenu une ristourne de 50 points de base (pb) sur une ligne de 1,45 milliard d’euros, dont le taux moyen baisse ainsi à Euribor + 350 pb.
A l’échelle du marché, les dettes renégociées cette année ont vu leur coût moyen réduit de plus d’un point de pourcentage, passant de 5,91% à 4,84%.
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